DÉCRYPTAGE – Soucieux d’épargner son ami Donald Trump, le pouvoir poutinien a fait de Londres le pays central de son opposition civilisationnelle à l’Occident, allant puiser dans la longue histoire de rivalité et de détestation qui a opposé l’Empire britannique à l’Empire russe.
La Russie a toujours eu besoin d’un ennemi extérieur pour cimenter sa société autour de ses despotes successifs et justifier la guerre. Aujourd’hui, en dehors de l’Ukraine, terre supposée « d’ukronazis » qu’elle rêve d’absorber, c’est l’Angleterre qui détient la palme du pays le plus haï entre les murs du Kremlin, même si la France est aussi en bonne place.
Londres a de ce point de vue remplacé l’Amérique depuis que « l’ami » Trump s’y est réinstallé, explique un excellent rapport du think-tank Nest, cosigné par trois experts renommés de la Russie, Vladimir Pastoukhov, Sergueï Medvedev et John Lough. « Vous n’imaginez pas à quel point la Russie hait la Grande-Bretagne », écrit aussi le chercheur Andy Pryce du Centre pour l’analyse de la politique européenne (Cepa).
Très significatif, le déferlement de propos haineux de la cohorte des propagandistes russes en prime time sur les chaînes télévisées officielles cible particulièrement Londres. « La Grande-Bretagne coulera la première
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