«Face à la Chine, il n’y a pas de fatalité», a commenté le ministre de l’Économie Roland Lescure, qui s’est réjoui des effets de ce dispositif visant les grandes plateformes de vente en ligne asiatiques, Shein, Temu et AliExpress.
La taxe européenne sur les petits colis a tapé dans le mille. Destinée à réduire l’essor fulgurant des plateformes chinoises comme Shein, Temu ou AliExpress, la taxe de 3 euros sur chaque catégorie de produit logé dans ces petits colis, décidée par Bruxelles et en place depuis le 1er juillet, a atteint son but. En effet, les importations du nombre de ces paquets ont chuté de l’ordre de 30 % à 40 % dans l’Union européenne, a annoncé le ministère de l’Économie, citant un chiffre des douanes françaises.
En 2025, près de 5,9 milliards de petits colis étaient entrés sur le marché européen, soit plus de 180 chaque seconde. C’était quatre fois plus qu’en 2022. Sur ce total, 93 % provenaient de Chine. Les entreprises bénéficiaient alors d’une exonération de droits de douane sur les petits colis de moins de 150 euros importés en Europe. Les grandes plateformes asiatiques de vente en ligne avaient profité de cette faille pour investir en force le marché européen, provoquant la colère des autorités, des associations, des parlementaires. Ils dénonçaient l’impact environnemental de tels volumes, la concurrence déloyale voire le recours au travail forcé.
« Face à la Chine, il n’y a pas de fatalité, a déclaré le ministre de l’Économie Roland Lescure, lors de l’événement de rentrée du Medef. Si on met en place les bonnes politiques publiques, on peut gagner, on va gagner », s’est-il exclamé. Cette taxe sera complétée à partir de novembre par des « frais de traitement », qui aideront à financer les services douaniers. Leur montant pourrait s’élever à deux euros par colis.