24 heures après les accusations de l’association L214 sur des pratiques « de non-respect du bien-être animal » de l’abattoir de Perpignan, la préfecture des Pyrénées-Orientales suspend l’agrément pour abattage rituel – principalement halal et casher – de la structure, ce jeudi 27 août 2026. Elle programme également une inspection générale de 48 heures lundi et mardi prochains.
L’association de défense des animaux L214 a saisi le procureur de la République ce mercredi 26 août. Elle a porté plainte contre l’abattoir de Perpignan pour « actes de cruauté », « sévices graves » et « mauvais traitements envers les animaux ». Cette plainte se base sur l’analyse de vidéos. Tournées entre mai et juillet 2026 au sein de l’établissement, ces images chocs montrent une série de scènes relevant, selon L214, de pratiques non conformes à la réglementation. On peut notamment y voir un salarié frapper des cochons à coups de poing. Ou encore des moutons et des bovins qui commencent à être découpés alors qu’ils semblent encore vivants.
« Nous avons découvert ces images ce mercredi matin et avons aussitôt mis à pied les salariés concernés, précisait le président de l’abattoir, Jean-Claude Coulet, à L’Indépendant. L’un des salariés, celui qui met les coups de poing, a été licencié. L’autre doit partir à la retraite à la fin du mois et ne travaille déjà plus dans l’entreprise. »
24 heures plus tard, la préfecture des Pyrénées-Orientales a décidé « de suspendre l’agrément pour l’abattage rituel », précise Frédéric Guillot. Le directeur départemental de la protection des populations ajoute que cet agrément concerne « majoritairement l’abattage halal ou casher sans étourdissement ». Des activités minoritaires, il y ajoute que « des pratiques avec étourdissement sont tolérées parfois ».
« Vu les images de L214, on constate des comportements individuels insupportables et inadmissibles »
Il a annoncé également une inspection complète de l’abattoir de Perpignan les 31 août et 1er septembre prochains. « Vu les images de L214, on constate des comportements individuels insupportables et inadmissibles. C’est pour cela que l’agrément d’abattage rituel est d’ores et déjà suspendu. Le bien-être animal est une priorité de nos missions ». Les résultats de l’inspection décideront d’éventuelles autres sanctions, ou pas. « L’opérateur a lui déjà pris des sanctions en mettant à pied ou en licenciant deux des salariés ».
Frédéric Guillot a ajouté que « deux inspections annuelles sont programmées sur le site ». Sans oublier la présence quotidienne d’un vétérinaire et de techniciens de la Direction départementale de la protection des personnes. Une dizaine de procès-verbaux ont été dressés par la DDPP en 2025 à l’encontre de l’abattoir de Perpignan. « Encore une fois, les images de L214 dénoncent des comportements individuels inadmissibles et insupportables. Sur les trois mois de rush, seules quelques secondes d’images dénoncent ces faits ». En attendant le verdict de l’inspection générale.