Ils étaient venus compter les escargots et les limaces. Mais, faute de pluie, l’animation nantaise a été annulée. Alors Cassie, 9 ans, et son frère Nolann, 7 ans, ont changé de chemin et rejoint, près du jardin potager du Grand-Blottereau, l’atelier L’origine des paysages. Une proposition du Chronographe de Rezé, dans le cadre de Bio divers’été, organisé par la Ville de Nantes.

Sur la table, pas de trésor spectaculaire. Des graines, des cartes, un tamis. Et Laureline Leroux, médiatrice culturelle, pour donner la parole à des vestiges minuscules. Le sujet semble austère : les sciences paléoenvironnementales. Il devient pourtant une enquête captivante.

On connaît peu voire pas du tout certaines spécialités de l’archéologie, expose Laureline. Il y a l’anthracologue, qui étudie les charbons de bois et reconnaît les espèces d’arbres. Le palynologue, lui, traque les pollens pour reconstituer les milieux naturels : champs, forêts, espaces aquatiques.

Une carotte sédimentaire, vous savez ce que c’est ?, demande la médiatrice. Cassie et Nolann sèchent un peu. C’est un tube planté profondément dans la terre. On l’analyse après l’avoir récupéré. Ça permet de récolter notamment du pollen. Étonnement des enfants : le pollen peut-il vraiment survivre pendant des siècles ? Oui. Quand il a beaucoup plu, il peut se fossiliser, ce qui permet sa conservation.

Des mystères sous nos pieds

Cassie et Nolann sont invités à se glisser dans la peau des palynologues. À l’aide d’un catalogue, ils tentent d’identifier les pollens retrouvés. Puis vient le tamis. On secoue, on fouille, on observe. Et voici apparaître des graines de sureau noir, de pavot, de prunellier, de calebasse, ainsi que des noisettes. Chaque graine devient un indice précieux. C’est l’occasion de présenter une autre spécialité méconnue : la carpologie ou l’étude des graines et des fruits retrouvés sur les sites archéologiques.

La calebasse intrigue : comment cette plante, qui ne pousse pas dans nos contrées, a-t-elle pu arriver ici ? Par bateau !, lance une fillette. Exact !, confirme Laureline. Il y a environ 2 000 ans, Rezé abritait un port, celui de Ratiatum. Les graines témoignent des échanges lointains qui existaient déjà à cette époque. Les noisettes, elles, racontent une autre histoire. On peut supposer qu’une forêt se trouvait à proximité.

La médiatrice a fait des études d’histoire, et un peu d’archéologie. Elle le reconnaît : quand on évoque cette discipline, on imagine souvent le désert, les fouilles spectaculaires ou des destinations exotiques. Pourtant, les mystères se cachent aussi sous nos pieds. Des choses minuscules peuvent nous en dire long sur le passé.

Pratique. Bio divers’été, animations jusqu’au dimanche 20 septembre, de 10 h à 18 h, parc du Grand-Blottereau, Nantes. Ateliers : La vie des oiseaux, Petites bêtes et grands pouvoirs, la vie du sol du sous-bois.. Inscriptions au 06 6410 58 24. Gratuit.

En 2027, l’atelier « L’origine des paysages » sera de nouveau proposé au Chronographe de Rezé.