Au salon de Chengdu, BYD confirme la
Great Seagull, une citadine électrique de 4,2 m qui se rapproche
dangereusement de la Dolphin. Si elle débarque en Europe, la
compacte historique de la gamme Ocean pourrait perdre une grande
partie de son intérêt.
BYD n’en finit plus de bousculer le marché des
citadines électriques, y compris le sien. La marque
chinoise prépare une nouvelle venue, la BYD Great
Seagull, un modèle compact qui se glisse pile entre la
petite Seagull, connue chez nous sous le nom de Dolphin Surf, et
l’actuelle BYD Dolphin. Sur le papier, cette
nouvelle venue coche déjà beaucoup de cases que l’on attend d’une
polyvalente moderne.
Homologuée en Chine par le ministère de l’Industrie et de
l’Information (MIIT) et teasée au salon automobile de Chengdu par
Zhang Zhuo, directeur général de la division Ocean de BYD, la Great
Seagull affiche des dimensions, une fiche technique et des
équipements qui empiètent très sérieusement sur le terrain de la
Dolphin. De quoi se demander si, en arrivant un jour en Europe,
cette nouvelle électrique ne rendrait pas la Dolphin presque
inutile dans la gamme…
BYD Great Seagull : une nouvelle citadine électrique entre
Seagull et Dolphin
Les documents d’homologation chinois donnent déjà un portrait
assez précis de la BYD Great Seagull. La voiture
mesure 4,20 m de long et 1,81 m de large, avec un empattement de 2
650 mm. Son poids reste contenu entre 1 180 et 1 255 kg selon les
versions. Elle se place donc nettement au‑dessus de la Seagull
classique, plus courte, et à seulement quelques centimètres de la
BYD Dolphin, longue d’environ 4,29 m. Sur le plan du
gabarit et de l’habitabilité, la frontière entre les deux modèles
devient très mince.
Côté mécanique, la Great Seagull reçoit un moteur électrique de
95 kW, soit 127 ch, pour une vitesse maximale annoncée de 150 km/h.
Elle utilise des batteries LFP de 30 kWh et 39,2 kWh, qui offrent
respectivement 320 et 420 km d’autonomie selon le cycle chinois
CLTC, soit environ 260 et 340 km estimés en WLTP pour un usage
européen. Cela dépasse déjà les chiffres de la Dolphin Surf
d’entrée de gamme, moins puissante et donnée pour 220 à 310 km WLTP
selon la version. Et là, un détail attire l’attention : les
prototypes repérés sur route montrent un capteur LiDAR sur le toit,
associé à un système de
conduite semi‑autonome sur voies rapides et en ville, un grand
écran central flottant et une console généreuse, digne d’une
compacte plus chère.
Quelle place pour la BYD Dolphin face à la Great Seagull ?
La BYD Dolphin occupe aujourd’hui le rôle de
compacte électrique polyvalente de la gamme Ocean. Elle mesure
environ 4,29 m, utilise elle aussi des
batteries LFP pouvant grimper jusqu’à environ 60,4 kWh et peut
atteindre près de 427 km d’autonomie WLTP selon les versions. Sa
puissance est plus élevée que celle de la Great Seagull, et son
positionnement tarifaire aussi, avec des prix qui s’étalent
globalement autour de 27 000 à 35 000 € selon la finition sur le
marché français. Mais le modèle a peu évolué depuis son lancement,
alors que la concurrence et les attentes des automobilistes ont
fortement grimpé.
Face à elle, la Great Seagull mise sur un gabarit très proche,
un moteur déjà solide pour une citadine, une autonomie suffisante
pour une majorité d’usages urbains et périurbains, et des
aides à la conduite de dernière génération, tout cela avec des
batteries plus petites et donc potentiellement un coût contenu. Si
BYD décidait de l’exporter en Europe à un tarif agressif, entre la
Dolphin Surf d’entrée de gamme et la Dolphin classique, la question
deviendrait très concrète pour les acheteurs : pourquoi payer plus
cher pour une Dolphin dont l’avance en autonomie et en performances
ne se justifie pas pour un usage principalement quotidien, alors
qu’une Great Seagull offrirait un compromis taille, technologie et
prix beaucoup plus affûté ?
Pour l’instant, l’arrivée du modèle sur le Vieux Continent n’est
pas confirmée, mais cette stratégie de gamme montre à quel point
BYD est prête à remettre en cause ses propres modèles pour rester
en tête sur les petites électriques.