Publié le
27 août 2026 à 11h39
C’est un sujet qui fait particulièrement grincer les dents : la corrida est de retour à Palavas-les-Flots après 10 ans d’absence dans les arènes El Cordobés. En effet, une « grande corrida de toros » est programmée le 10 octobre prochain à 16 h, avec un mano a mano entre la star espagnole Morante de la Puebla et le Français Clemente.
Et si de nombreux amoureux de la tradition se réjouissent, les associations anticorrida se scandalisent. Face à cela, l’Alliance Anticorrida a demandé au maire de la Ville, Christian Jeanjean, d’interdire l’événement de mise à mort des taureaux et prépare parallèlement un recours en justice.
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Une tradition pas vraiment « ininterrompue »
Ce jeudi 27 août, l’Alliance Anticorrida a annoncé avoir saisi le maire, par l’intermédiaire de son avocat, Me Raphaël Belaïche. Le courrier demande une interdiction pure et simple de l’événement, qui enfreindrait la loi d’après l’association. Si Christian Jeanjean avait, ce mercredi 26 août, expliqué via un communiqué que les « arènes de Palavas-les-Flots bénéficient d’une délégation de service public (DSP) » et que, donc, « la ville n’est pas partie prenante de cette organisation », ce n’est pas suffisant pour l’association, qui affirme que « la délégation de l’exploitation d’un équipement communal ne transfère pas ses pouvoirs au délégataire et ne saurait justifier son abstention ».
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Mais l’argument principal se trouve ailleurs. En effet, l’Alliance Anticorrida avance un fait majeur et questionne la légalité même de la tenue d’une corrida à Palavas-les-Flots. En France, l’article 521-1 du Code pénal interdit formellement les sévices graves et les actes de cruauté envers les animaux. Cependant, une exception existe lorsque l’on parle de « tradition locale ininterrompue ». Chose qui, pour l’association, n’est pas le cas, étant donné l’interruption pendant près d’une décennie de ce genre d’événement dans la ville.
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« Pendant près de 10 ans, le maire, la commune et le délégataire ont publiquement acté l’abandon de la corrida et lui ont substitué des pratiques taurines distinctes »
Alliance Anticorrida
Le cas Pérols
Pour appuyer son argumentation, l’Alliance Anticorrida rappelle le cas de Pérols. En 2023, la commune avait souhaité relancer une novillada dans les arènes de la ville, mais le tribunal avait fini par empêcher son organisation, considérant qu’il n’existait plus de tradition locale suffisamment implantée après plusieurs années sans corrida.
« Palavas-les-Flots est à 6,8 km de Pérols. On refuse à Pérols, et on autorise à Palavas-les-Flots ? Ce n’est absolument pas possible », estime de son côté Claire Starozinski, présidente de l’Alliance Anticorrida.
Le courrier envoyé au maire de Palavas-les-Flots n’est ainsi qu’une étape préliminaire obligatoire avant une éventuelle assignation devant les tribunaux.
Le bras de fer est donc engagé. Les organisateurs et gestionnaires de l’événement considèrent que la tradition tauromachique demeure suffisamment implantée sur le territoire palavasien pour permettre la tenue de la corrida. Mais les associations estiment que 10 ans d’interruption font disparaître l’exception. La question pourrait ainsi être tranchée par les tribunaux dans les prochaines semaines.
« À Palavas-les-Flots, la partie ne fait que commencer… », prévient Claire Starozinski.
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