Le Premier ministre britannique Andy Burnham a déclaré jeudi qu’un référendum sur l’unification de l’Irlande était « exclu », lors de sa première visite en Irlande du Nord depuis son entrée en fonction, suscitant une vive réaction du Sinn Fein qui milite pour une réunification de l’île.

Le statut constitutionnel de l’Irlande du Nord – territoire resté britannique, contrairement à la République d’Irlande qui est indépendante depuis 1922 – reste profondément clivant, près de trois décennies après l’accord de paix du Vendredi saint de 1998 qui a largement mis fin à trente années de conflit autour de la domination britannique, rappelle l’Agence France-Presse (AFP).

Dispositions de l’accord du Vendredi saint

L’accord prévoit la tenue d’un référendum si le ministre britannique chargé de l’Irlande du Nord estime qu’une majorité est susceptible de se prononcer en faveur du rattachement à la République d’Irlande. « J’adopterai une approche collaborative, mais certaines questions seront exclues des discussions, et celle-ci en fera partie », a déclaré le Premier ministre à des journalistes à Belfast.

Il estime que le Royaume-Uni a connu trop de divisions politiques après le référendum sur l’indépendance de l’Écosse en 2014 et le vote sur le Brexit en 2016. « Les fractures qui découlent de ces situations mettent longtemps à se résorber », a-t-il dit, estimant que le gouvernement devrait plutôt se concentrer sur la crise du coût de la vie et les services publics.

Réactions partagées au sein de la classe politique

Le Sinn Fein, qui milite pour une Irlande unie et est le plus grand parti à l’Assemblée dévolue d’Irlande du Nord, s’est ému des propos d’Andy Burnham après l’avoir rencontré.

La cheffe du parti, Mary Lou McDonald, a déclaré que le Premier ministre n’avait aucune autorité pour « supprimer une quelconque disposition de l’accord du Vendredi saint ». « Le droit du peuple irlandais à décider de notre avenir est inscrit dans l’accord du Vendredi saint », a-t-elle déclaré.

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Le Parti unioniste démocrate (DUP), principal parti pro-britannique d’Irlande du Nord, a à l’inverse accueilli favorablement les déclarations d’Andy Burnham. Le chef du DUP, Gavin Robinson, a estimé que le Premier ministre avait levé tout doute quant aux spéculations sur un référendum.