Malgré un trou d’air d’une vingtaine de minutes, dans le premier acte, les Oyomen signent leur premier succès de la saison (21-31). Les hommes de Fabien Cibray ont su s’appuyer sur leur conquête et leur réalisme dans les temps forts. Béziers, de son côté, démarre sa nouvelle histoire de la pire des manières.
Quelques secondes de jeu à peine, et un mauvais présage s’abat déjà sur le ciel biterrois, menaçant comme une fin de mois d’août sur la Méditerranée. Sur la première action de la partie, le trois-quarts centre Nicolas Plazy s’assomme sur un plaquage et écope d’un carton jaune, pour le même plaquage jugé trop haut. Thomas Vincent n’en demande pas tant pour ouvrir le score et lancer la soirée (2e, 0-3).
Oyonnax démarre en trombe
En infériorité numérique, les Languedociens sont dépassés. Dans les rucks, comme dans le jeu courant, ils sont pris de vitesse et contraints de défendre. Mais après plusieurs minutes sur le reculoir, le verrou saute sous un dernier coup de boutoir de Karim Qadiri. Inarrêtable à cinq mètres de la ligne, l’ailier andinois ouvre le compteur (9e, 0-10).
Comme lors de ses deux matchs amicaux, face à Narbonne puis aux Tigers de Leicester, Béziers subit son entame de match. Comme une métaphore de cette si longue intersaison, où le choix du staff et des hommes a tant tardé. Mais au fil des minutes, les connexions se créent enfin. En défense, d’abord, pour se rassurer. Puis en attaque, avec le travail de sape des avants, souvent utilisés pour fixer la défense. C’est justement en observant quelques largesses dans la défense adverse que Laharrague expédie une transversale vers son ailier, Janse Van Rensburg, pour réduire l’écart au score (20e, 7-10). Quelques temps plus tard, le temps d’une pause fraîcheur réparatrice, le même Laharrague est mis sur orbite par son jeune coéquipier Canaleta, malin au moment de récupérer le ballon au sol après une chandelle (22e, 14-10). Le match n’est plus le même et les hommes de Gürthro Steenkamp se paient même le luxe de prendre le large, avec un essai tout en puissance, signé Koen (27e, 21-10).
Une indiscipline qui coûte cher
Mais alors que le public héraultais s’enthousiasme enfin, il se retrouve vite rattrapé par la réalité. Les Oyomen semblent avoir laissé passer l’orage et ressortent des vestiaires avec les mêmes certitudes qu’en début de rencontre. Ballon en main, les automatismes sont là, pour une équipe qui n’a que très peu évolué depuis sa demi-finale de la saison dernière. Titulaire en troisième ligne centre, Guilly fait parler sa puissance, pour sonner la révolte (48e, 21-17). Une nouvelle fois, la double peine touche les Biterrois, pénalisés par un carton jaune contre Sias Koen, pour fautes répétées. Si bien lancés, les rouges et noirs poursuivent sur leur voie et dominent les débats. En dépit de nombreuses mêlées non jouées, leur conquête est supérieure à l’adversaire du soir. En peu de temps, Louis Morland signe un exploit individuel dans la ligne de trois-quarts (52e, 21-24), avant que l’arbitre ne siffle un essai de pénalité suivi d’un troisième carton jaune (58e, 21-31). Au 21-0 encaissé en première période, Oyonnax répond par un cinglant 21-0. Imparable.
Ainsi assommés, les joueurs de Gürthro Steenkamp ne trouvent pas les ressources pour, à nouveau, inverser la tendance. Ils entament ce nouveau cycle de la pire des manières et affronteront Nice, une autre bête blessée, la semaine prochaine.