Washington (awp/afp) – Le marché boursier américain a été porté jeudi par les résultats étincelants de Nvidia, qui confortent l’idée d’une demande toujours soutenue pour l’intelligence artificielle, tandis que les incertitudes géopolitiques et monétaires ont pénalisé avant tout les places européennes.

A Wall Street, le Dow Jones a pris 0,20%, l’indice Nasdaq – qui rassemble les grands noms du secteur technologique – a gagné 1,57% et l’indice élargi S&P 500 s’est octroyé 0,72%.

Baromètre de la dynamique de l’intelligence artificielle (IA) pour les marchés, Nvidia a annoncé mercredi soir avoir réalisé un bénéfice net de 59,7 milliards de dollars au deuxième trimestre, soit +126% sur un an.

« L’année prochaine va être énorme », « la demande accélère », a prévenu Jensen Huang, le patron du groupe. Ce dernier table sur une progression de 70% de ses revenus lors de l’exercice fiscal 2028 (clôturé fin janvier 2028).

Ces résultats ont « renforcé l’optimisme des investisseurs quant à la poursuite, l’année prochaine, de la croissance fulgurante actuelle de la demande en matière d’intelligence artificielle », relèvent les analystes de la Deutsche Bank.

Les perspectives de croissance de Nvidia représentent « un rythme phénoménal compte tenu de son envergure et de la vitesse d’expansion qui y est associée », ajoute Jose Torres, de la plateforme Interactive Brokers.

Le titre a pris 8,74% à Wall Street, soit plus de 400 milliards de dollars de capitalisation boursière gagnés en l’espace d’une seule séance.

La dynamique liée aux investissements massifs des géants de la tech pour développer l’IA est le principal moteur de la croissance des marchés d’actions mondiaux depuis plusieurs mois.

En Europe, les champions locaux du secteur des semi-conducteurs ont profité de ce mouvement, à l’image de STMicroelectronics à Paris (+2,92%) et Infineon à Francfort (+3,19%).

– Jackson Hole dans le viseur –

Mais en dehors de la tech, les investisseurs demeurent toutefois sur la réserve, entre incertitudes géopolitiques liées au conflit au Moyen-Orient, montée de l’inflation et doutes sur la soutenabilité de la dette dans les grandes économies.

En Europe, Francfort a grappillé 0,31%. Londres a cédé 0,79% et Milan 1,17%. Paris a particulièrement cédé du terrain (-1,51%), plombée par Pernod Ricard (-7,55%) qui a annoncé un bénéfice annuel en recul de 26% à 1,2 milliard d’euros.

Le CAC 40 a aussi été « pénalisé par les incertitudes politiques et budgétaires en France », à un peu plus d’un mois de la présentation du dernier projet de budget du quinquennat, explique à l’AFP Isabelle de Gavoty, gérante actions à AllianzGI.

A Zurich, le SMI a cédé 1,09%.

Les marchés sont toujours freinés par des chiffres de l’inflation américaine plus élevée qu’anticipé pour le mois de juillet, avec un indice PCE ayant stagné à 3,7% sur un an, là où les investisseurs s’attendaient à une légère baisse, autour de 3,6%.

Dans ce contexte, les investisseurs s’interrogent sur la future politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed) et suivront avec beaucoup d’attention le discours du patron de l’institution Kevin Warsh, vendredi face à un panel de banquiers centraux réunis à Jackson Hole (Wyoming, ouest des Etats-Unis).

Les marchés espèrent trouver plus de clarté dans la politique monétaire que le banquier central, arrivé à son poste en mai, compte mener. Mais M. Warsh a pris pour habitude d’être peu disert.

– Le pétrole progresse –

Les prix du pétrole ont terminé en hausse : le Brent de la mer du Nord, référence mondiale du brut, a gagné 2,12% à 89,70 dollars. Le WTI américain a lui pris 1,58% à 83,53 dollars.

En début de semaine, l’Iran et Oman, tous deux riverains du détroit d’Ormuz, qui négocient depuis des semaines les futures modalités de passage, ont dit discuter d’un accord-cadre établissant un « couloir temporaire » et prévoyant une opération de déminage.

Toutefois, la situation sur place reste tendue : un navire a été touché par un « projectile inconnu » qui a provoqué un incendie à bord, a annoncé dans la nuit de mercredi à jeudi l’agence maritime britannique, UKMTO.

Côté obligataire, le taux d’intérêt de la dette américaine à échéance dix ans atteignait 4,67%, contre 4,65% la veille en clôture. Son équivalent allemand, référence en Europe, affichait un rendement de 3,26%, contre 3,23% mercredi.

afp/rp