Le scénario est bien connu : une soirée d’été sur la terrasse,
les verres à peine servis, et déjà ces bourdonnements près des
chevilles. Avec la progression du
moustique tigre dans 83 départements, signalée par
Santé publique France, la simple balade au jardin peut vite tourner
à l’attaque organisée.
Dans ce contexte, une rumeur intrigue : une simple odeur, issue
d’un ingrédient de cuisine du quotidien, rendrait l’endroit
beaucoup moins attirant pour ces insectes. Des chercheurs s’y sont
penchés, et leurs résultats donnent envie de tenter l’expérience
chez soi. Cette odeur, on la croise tous les matins au
petit-déjeuner…
Pourquoi les moustiques fuient l’odeur et la fumée du café
Les moustiques ne se guident pas d’abord avec la lumière, mais
avec les odeurs et le dioxyde de carbone que
rejettent les êtres vivants. Leur “nez” ultra-sensible repère la
moindre effluve de peau, de sueur ou de respiration. Quand l’air
est saturé d’une autre odeur très forte, ce repérage devient plus
difficile.
En 2022, des chercheurs de l’Université Fédérale
d’Alagoas ont montré que la fumée de marc de
café brûlé réduisait de plus de 70 % la présence de
moustiques Aedes aegypti, Aedes albopictus et Culex pipiens dans un
rayon d’environ 1,5 mètre. La combustion libère caféine et composés
phénoliques, qui brouillent leur système olfactif. Pour la plupart
des personnes, l’odeur reste supportable, alors que les moustiques
préfèrent s’éloigner de cette zone enfumée.
Est-ce que ça marche vraiment ? Ce que disent les données
L’astuce fonctionne, mais dans un cadre précis. L’effet reste
très localisé autour de la coupelle et dure en général moins d’une
heure, surtout si le vent disperse la fumée. Utile pour créer une
“bulle” plus calme autour d’une table ou d’un salon de jardin,
beaucoup moins pour “protéger tout le jardin”. Pour ceux qui
n’aiment pas la fumée, le simple parfum du café peut servir de
petit répulsif maison en intérieur ou sur le
balcon, même si l’effet est plus discret.
La méthode est simple : récupérer le marc de la cafetière,
l’étaler sur une assiette et le laisser sécher 2 à 3 jours, jusqu’à
ce qu’il soit bien sec. Pour l’usage en fumée, former un petit tas
sur une coupelle en céramique ou dans une boîte de conserve propre,
l’allumer et le laisser se consumer lentement, sans flamme vive, à
environ 1 mètre des convives. Pour la version sans fumée, répartir
du marc sec dans de petits récipients près des fenêtres, du balcon
ou du coin repas, puis remplacer dès que l’odeur faiblit ou que le
marc se réhumidifie.
✨ L’astuce validée par la rédaction
Sérénité (repas dehors)
Zone plus
calme
🔍 Pourquoi ça fonctionne ?
La fumée et
l’odeur du marc de café sec saturent l’air en molécules aromatiques
qui brouillent l’orientation olfactive des moustiques. Leurs
antennes repèrent moins bien les odeurs humaines, ce qui rend la
zone nettement moins attractive pour ces insectes.
💡
Le petit plus : une astuce zéro achat qui
réutilise un déchet du quotidien : le marc se fait sécher à
l’avance, puis se met en place en deux minutes, juste avant de
s’installer sur la terrasse.
🚫
À NE JAMAIS FAIRE : utiliser du marc humide, qui brûle mal, fume
beaucoup, ou croire que cette odeur protège des piqûres comme un
répulsif cutané à
base de DEET.
Limites, précautions et quand passer à
une vraie protection
Le marc de café reste un appoint, pas un bouclier. La fumée doit
rester à l’extérieur, loin des tissus, des enfants, des animaux et
de toute matière inflammable. La coupelle ne se laisse jamais sans
surveillance, même si la combustion paraît lente et
inoffensive.
Dans les zones où circulent la dengue, le chikungunya ou le
virus Zika, Santé publique France et le dispositif SI-LAV 2026
rappellent des gestes que le café ne remplace pas : éliminer
régulièrement les
eaux stagnantes, poser des
moustiquaires, porter des vêtements couvrants le
soir et appliquer un répulsif cutané adapté, comme ceux contenant
du DEET. L’odeur du café, brûlé ou en coupelles, aide seulement à
rendre la maison et le jardin un peu moins accueillants pour les
moustiques tigres Aedes albopictus et leurs cousins.
Sources