« Avec les trambus, nous accélérons la révolution des transports ! » Dans le dossier de presse de présentation de l’identité visuelle des futurs trambus, dévoilés ce jeudi 27 septembre 2026, Nathalie Appéré, présidente de Rennes Métropole, utilise des mots forts pour vanter les mérites de l’arrivée prochaine de ce nouveau moyen de transport, qui se veut à mi-chemin entre un bus et un tramway.

Une « révolution des transports » qui ne convainc pas son opposition à la mairie et à la Métropole, notamment Charles Compagnon (Horizons) et Carole Gandon (Renaissance), qui plaident pour une prolongation du métro au-delà de la rocade. Ce jeudi, la patronne de la métropole rennaise a défendu le choix de ces quatre nouvelles lignes qui traverseront la capitale bretonne depuis les communes alentour.

« On l’utilisera plus comme un métro que comme un bus classique »

Avec un argument « déterminant » selon elle, « la fiabilité et la régularité ». « Quand l’usager prend le trambus, il sait qu’il aura un passage dans les quatre à huit minutes et ce, sur une plage horaire large, calquée sur le métro, de 5 h 30 à 0 h 30. On l’utilisera d’ailleurs plus comme un métro que comme un bus articulé classique car tout est fait pour garantir la régularité et la fiabilité. »

Tout l’enjeu est là, dans cette garantie de passage toutes les huit minutes minimum, quatre minutes en heures de pointe. Un défi alors que la circulation à Rennes, notamment sur ses grandes pénétrantes, est souvent congestionnée en début de journée et lors des sorties de bureau. « On sera dans un univers propre, avec jusqu’à 60 % de la circulation sur des voies qui seront réservées aux trambus », répond Appéré. Et lorsque la route sera partagée avec les automobilistes ? « Il aura priorité sur les voitures aux feux, qui passeront automatiquement au vert pour lui ».

Vraiment plus rapide ?

Ces aménagements permettront-ils également de garantir des trajets plus rapides entre le centre-ville de Rennes et les communes desservies ? Dans son numéro de juin 2026, Le Mensuel de Rennes a comparé la durée de trajet estimée des trambus face à celui des bus Chronostar actuels, qui empruntent, dans les grandes largeurs, le même itinéraire. Il apparaît que le gain de temps est réel en heures pleines, mais plus ténu, voire au désavantage du trambus, en heures creuses. Pour s’en rendre vraiment compte, il va cependant falloir attendre la mise en service des lignes, à partir de fin 2027 pour la T2 (Vezin-le-Coquet – Cesson-Sévigné) et jusqu’à 2030 pour les trois autres (2029 pour la T1 Saint-Grégoire – Rennes, 2030 pour la T3 Saint-Grégoire – Chantepie et la T4 Saint-Jacques-de-la-Lande – Bruz).

Des lignes dont le tracé n’est d’ailleurs pas encore bouclé. Et qui suscitent des interrogations dans certaines communes. Notamment celles qui ont basculé à droite lors des dernières élections municipales, en mars 2026. À savoir Bruz, Saint-Jacques-de-la-Lande et Chantepie. Nathalie Appéré et Valérie Faucheux, sa vice-présidente aux mobilités et aux transports, ont rencontré ces nouveaux maires en juin. « On est dans la discussion, les choses avancent bien. Ces élus ne sont pas dans une opposition aux trambus ».

« La question du terminus à Bruz est posée »

Pour la T4, le nouveau maire de Bruz, Jean-René Houssin, privilégie un terminus à la gare de Bruz plutôt qu’au centre-ville, comme envisagé par la Métropole. « La question du terminus à Bruz est posée, confirme Nathalie Appéré. L’équipe municipale a souhaité un temps de réflexion complémentaire, ce qui permet d’avancer sur le reste. On a évoqué avec la commune l’hypothèse d’un phasage avec un premier terminus sur quelques années et un second ensuite. Les discussions ont lieu de manière positive et ne remettent pas en cause le déploiement de la T4 ».

À l’autre bout de cette même ligne, le nouvel édile Sébastien Collet craint, lui, un engorgement sur la pénétrante de Rennes avec la création d’une voie dédiée au trambus. Et regrette l’absence d’arrêt au cœur du quartier très peuplé de la Morinais. Enfin, sur la T3, Grégoire Le Blond, de retour aux affaires à Chantepie, proteste contre la suppression de deux arrêts en centre-ville. « Là aussi, c’est en discussion, poursuit Nathalie Appéré. Le principe est d’avoir une station tous les 500 mètres. » « Sur ces lignes, on est en fin de phase d’études préliminaires, rappelle Valérie Faucheux. Le bureau d’études est encore au travail et a donc intégré ces questions. »