Pour la première fois, des parents portent plainte contre Anne Hidalgo, l’ancienne maire de Paris, et son ex-premier adjoint dans le cadre du scandale du périscolaire. Trois plaintes les concernant pour « non-assistance à personne en danger » ont été déposées fin août par des familles d’enfants victimes d’agressions sexuelles.

« C’est la responsabilité pénale individuelle de Mme Hidalgo et de M. Bloche qui est engagée. Ils avaient pleinement conscience de la gravité de la situation », a affirmé à l’AFP l’avocate des trois familles, Me Lise-Honorine Bornes, confirmant une information révélée par Le Point.

Séparément, ces familles avaient déjà déposé plainte entre mars et
mai dernier pour « agression sexuelle », « violence » ou encore
« non-assistance à personne en danger », et pour l’une pour « viol », commis
sur leurs enfants pendant la période du périscolaire à l’école
Saint-Dominique, dans le VIIe arrondissement. Les faits dénoncés ont été commis contre deux enfants entre septembre 2022 et août 2025, contre une entre août et décembre 2025, et une dernière entre septembre 2025 et janvier 2026.

D’autres plaintes pourraient suivre contre Anne Hidalgo et Patrick Bloche

Selon Me Bornes, les plaintes sont « documentées » et s’appuient sur « des éléments probants », montrant qu’Anne Hidalgo et Patrick Bloche avaient « connaissance d’un péril grave et imminent auquel étaient exposés les enfants », « placés sous leur responsabilité », mais qu’il y a eu un « déni complet ».

Dans les plaintes consultées par l’AFP, il est précisé qu’au cours d’une séance du Conseil de Paris, le 14 avril 2015, l’édile avait été interpellée par le maire LR du VIe arrondissement, Jean-Pierre Lecoq, qui avait affirmé que « des enfants sont abusés sexuellement par des animateurs lors des activités périscolaires ».  

D’autres plaintes contre l’ancienne édile et son premier adjoint
pourraient suivre, comme celle de ce père d’un enfant scolarisé dans cette même école
Saint-Dominique. Il dénonce auprès de RTL des violences
sexuelles. Pour lui, dès 2015, la mairie aurait pu agir. « Pour nous,
c’est même plus qu’une responsabilité, c’est clairement une défaillance
extrême. Depuis 2015, il y avait un rapport qui avait été émis, qui
indiquait déjà des problèmes au sein du pays scolaire dans les écoles
parisiennes », assure-t-il.

Qui ajoute : « Ce
rapport de 2015, ces règles qui ont été instituées, n’ont jamais été
respectées de la part de la mairie de Paris, n’ont jamais pris la
moindre mesure pour protéger les enfants dans l’école de la République. »

132 animateurs suspendus en 2026

En décembre 2021, le collectif SOS Périscolaire avait également signalé à la mairie des cas de maltraitance. Anne Hidalgo et Patrick Bloche ont « délibérément » pris la décision « d’organiser une véritable omerta », accusent les trois plaintes enregistrées à ce jour, selon l’AFP. Contacté par RTL, l’avocat de l’ancienne maire de Paris n’a pas souhaité réagir, tandis que le parquet n’a pas souhaité communiquer à ce stade.

Le 5 juillet dernier dans le Grand Jury RTL – Public Sénat – Le Figaro – M6, Emmanuel Grégoire, l’actuel maire de Paris, assurait : « Jamais à la ville de Paris, l’institution n’a protégé une violence sexuelle ». « Systématiquement il y a eu des articles 40 et nous en avons la trace », ajoutait-t-il. Cet article du Code de la procédure pénale impose à « toute autorité constituée, tout officier public » de signaler au procureur de la République les crimes ou les délits, dont ils ont connaissance dans l’exercice de leurs fonctions. 

Depuis le début de l’année, ce sont 132 animateurs qui ont été suspendus rien qu’à Paris. 52 pour « suspicions de violences sexuelles ou sexistes ».

La rédaction vous recommande

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l’actualité au quotidien

Lire la suite

Ne laissez pas Google décider de vos sources.

Ajouter RTL comme source préférée