La Vertu, l’orchestre de rue déjanté

13 h 50 : quelques minutes avant le lancement du FARSe qui se déroule du 28 au 30 août dans les rues strasbourgeoises , une atmosphère d’attente se répand sur la place Gutenberg. Les passants laissent traîner leur regard sur les kakémonos de 2,5 m présentant les 23 spectacles du festival. D’autres cherchent des renseignements auprès des bénévoles, identifiables grâce à leur t-shirt couleur corail. Puis quelques notes de banjo résonnent, suivies par celles d’un saxophone.

En quelques minutes, les passants affluent. Face à eux, les cinq musiciens de la compagnie La Vertu , aux shorts noirs liserés de doré et chaussettes hautes et colorées, entament un air entraînant. « Ça y est, c’est parti », sourit une spectatrice. Pour se trémousser au rythme de leurs morceaux, mêlant opérette, jazz-rock et chanson, rendez-vous samedi et dimanche à 14 h 15 place Gutenberg et à 16 h 20 aux Docks Malraux.

Pigments  : des circassiens perchés à 15 m

Cette année, il n’y aura pas de spectacle de clôture XXL, mais on nous propose tout de même deux belles fins de soirée le samedi (à 21 h) et le dimanche soir (à 20 h), sur la place d’Armes du parc de la Citadelle, avec la performance Pigments du CirkVOST.

Évoluant sur une structure métallique de 15 m de hauteur, se suspendant à des trapèzes ou se jetant dans un immense filet, une dizaine de circassiens tenteront de relever un défi : ne pas toucher terre pendant cinquante minutes. Entre lutte contre la gravité et allégorie de notre société, les artistes questionneront la solidarité d’un groupe, parfois mise à l’épreuve par des actes individualistes déstabilisants.

ANTI , Antigone au pays des supporters ultras

Deux frères supportant des clubs rivaux s’entretuent ; leur sœur se lève contre l’ordre établi et brave l’interdiction d’honorer l’un d’eux. L’histoire vous semble familière ? Pas étonnant, puisqu’il s’agit d’une relecture (très) contemporaine du célèbre mythe d’Antigone.

À coups de costumes gonflables, de fumigènes et de souffleuses à feuilles, les comédiens de Lapin 34 mêlent humour et langue de Sophocle pour aborder les enjeux de ce chef-d’œuvre et questionner la justesse du sacrifice d’un individu pour que vive le groupe.

Plastic Boum Boum , transformer les déchets en instrument électro

Dans le futur, les musiques électro ont appris à subsister sans électricité. Deux artistes un peu décalés, Compost et Dr Gagouz, ont fait un saut dans notre présent pour nous faire une démonstration de leur concert. Pour voir la magie opérer, direction la place du Petit-Broglie, samedi à 10 h 30 et dimanche à 11 h 30 et 16 h 30.

Mirage (un jour de fête), dans un camp de réfugiés

Les artistes dansent, frappent le sol dans leurs vêtements colorés. Mais une certaine tension ne quitte pas leur visage. Autour d’eux, un décor fait de grillages, de barbelés et de tôle rappelle où se déroule la scène : Balta, un camp de réfugiés en Cisjordanie.

Dans Mirage (un jour de fête), qui sera donné par la compagnie Dyptik à 18 h 15 samedi et dimanche, sur la place du Château, les performeurs interprètent des danses traditionnelles tout en dénonçant les supplices et injustices subis. Le temps d’une fête, le mirage prend vie.

Retrouvez les bandes-annonces de ces spectacles sur dna.fr et le reste de la programmation sur ete.strasbourg.eu/farse