Vendredi 28 août, place Broglie. Les embrassades s’enchaînent, les yeux sont embués et les adieux résonnent sous les gouttes de pluie. « Alors, j’ai entendu dire que vous alliez fuguer ! » s’exclame une habituée en s’approchant. « Tu as demandé l’autorisation pour arrêter ? » feint de s’indigner une autre.

Les clients se pressent une dernière fois autour de Christine Spiesser. « Bonne continuation, prenez soin de vous. Ne me faites pas pleurer », souffle une dame en poussant son chariot. Mais derrière son comptoir, la commerçante ne perd pas le nord et tiens son rôle jusqu’au bout : « N’oubliez pas votre sachet ! »

Après 38 années de carrière, dont deux décennies passées à arpenter les marchés strasbourgeois, cette figure locale tire sa révérence. Une décision prise la mort dans l’âme, mais imposée par le corps. « J’ai eu trois gros…