Ce vendredi, ils sont nombreux les automobilistes à tester, dans un sens puis dans l’autre, le nouveau pont traversant la RN88. Depuis 4 heures du matin, les deux côtés de la voie rapide sont reliés, pour les voitures mais également pour les piétons et les cyclistes avec une piste dédiée.
Et les automobilistes roulant sur l’A47 puis la RN88 dans le sens Lyon-Saint-Étienne peuvent, grâce à la nouvelle sortie 17, accéder directement à la zone de la Varizelle. Ils peuvent de la même manière repartir d’où ils viennent, grâce à une nouvelle entrée d’autoroute.
Une accessibilité facilitée notamment à l’Arena qui arrive à point nommé pour accueillir l’Asvel pour le premier match de préparation des basketteurs du Scabb ce vendredi. Un test grandeur nature pour le tout nouvel équipement.
Un chantier livré dans les temps
Jusqu’à la nuit de ce jeudi à vendredi, des ouvriers étaient sur le pont pour qu’au petit matin, l’ensemble de l’ouvrage soit ouvert à la circulation en cette fin d’été. Comme annoncé il y a un peu plus d’un an. C’est assez rare pour être souligné pour un projet d’une telle ampleur.
En effet, autant il aura fallu le temps pour que le chantier soit lancé, autant sa réalisation s’est déroulée quasiment sans anicroches. Démarrés en juillet 2025, les travaux principaux de l’opération pilotée par l’État via la Dreal Auvergne-Rhône-Alpes se sont achevés au début de l’été 2026 conformément au planning prévu. Les inspections de sécurité ont ensuite pu être réalisées en juillet, avant les derniers travaux de finition et des petites reprises.
Quatre enquêtes publiques
Mais le projet de demi-échangeur était dans les cartons depuis de nombreuses années. On en parlait déjà il y a quinze ans afin de désengorger la voirie locale et d’améliorer la desserte de la zone de la Varizelle, où se trouvent des commerces, mais également l’Arena depuis 2022 et peut-être bientôt la Scabb Valley.
Il avait commencé à se concrétiser avec une première enquête publique organisée début 2019, visant à sélectionner la variante du projet la plus adaptée. À cette époque, le nouveau demi-échangeur était annoncé pour 2023.
Mais tout ne sera pas si simple et trois autres enquêtes publiques suivront : en 2021 pour accorder le caractère d’utilité publique à l’opération, permettant d’éventuelles expropriations ; mi-2022 pour arrêter les délimitations exactes des terrains et bâtiments à acquérir ; puis en 2023 pour obtenir l’autorisation environnementale. Avec des enjeux que n’avait pas manqués de pointer l’opposition municipale de gauche et écologiste, farouchement hostile à ce projet « tout voiture ».
Un gel des crédits de l’État en 2024
Mais les étapes administratives étaient passées avec succès et le lancement du chantier était alors annoncé pour début 2024. D’ailleurs, les travaux de débroussaillage de part et d’autre de la RN88 étaient effectivement réalisés afin de préparer le terrain avant que ne commence réellement le chantier de construction, annoncé pour le début de l’été, pour une mise en service fin 2025 ou début 2026.
Sauf que le chaos politique national de 2024 allait bouleverser les plans, et fortement inquiéter du côté de Saint-Chamond : en juin, l’État gelait ses crédits, c’est-à-dire la moitié du budget de près de 25 millions d’euros de cette opération financée par ailleurs à hauteur de 35 % par Saint-Étienne Métropole et de 15 % par le Conseil départemental de la Loire. C’est ce que l’on appelle un sérieux caillou dans la chaussure.
L’intervention du sénateur Hervé Reynaud
Pour rappel, ces crédits avaient été obtenus dans le cadre de Mobi’Lyse, la compensation à l’abandon de l’A45, afin de désenclaver, sécuriser les voies et améliorer la desserte autoroutière entre Saint-Étienne et Lyon.
Le maire Axel Dugua ne comptait évidemment pas s’avouer vaincu et avait alors pu compter sur le sénateur Hervé Reynaud, maire au moment de la gestation du projet, pour tenter de débloquer la situation auprès d’un premier puis d’un deuxième ministre des Transports, dans un contexte de budget national à la dérive et d’une volonté de fermer le robinet.
Finalement, les crédits étaient « dégelés » début 2025, et le chantier avait pu être lancé en juillet.