Après la cyberattaque du ministère de l’Éducation en juillet dernier, qui continue de paralyser plusieurs académies ces dernières semaines, quelle est la situation à seulement quelques jours de la rentrée ? Pour répondre à cette question, le recteur de l’académie de Nantes, une des plus touchées en France, était l’invité de l’édition régionale d’ICI Pays de la Loire.

Depuis plusieurs jours, l’inquiétude grandit au sein de l’académie de Nantes. Après la cyberattaque qui a frappé le ministère de l’Éducation nationale en juillet dernier, beaucoup d’établissements se voient encore privés, à quelques journées de la rentrée des classes, des applications nécessaires au bon déroulement de cette journée importante.

Ce vendredi 28 août, le recteur de l’académie de Nantes, Raphaël Muller, était l’invité de notre édition régionale d’ICI Pays de la Loire. Il a répondu aux questions de la rédaction et a tenu à rassurer quant à la situation dans la région.

Raphaël Muller, un préavis de grève des enseignants est prévu en fin de semaine prochaine, si la situation ne s’améliore pas. Un retour à la normale est-il prévu dans les jours qui viennent ?

Tout d’abord, la prérentrée a lieu lundi pour les enseignants et mardi pour les élèves. Cette rentrée va avoir lieu. Mais effectivement, nous avons été confrontés à une cyberattaque importante qui a conduit à couper un certain nombre de services numériques. Nous travaillons aujourd’hui à leur rétablissement. Ce sera un rétablissement progressif.

Ce rétablissement se fera-t-il dans les jours qui viennent ?

Il s’agit d’un rétablissement progressif dans les meilleures conditions de sécurité et c’est ça qui est un petit peu compliqué. Mais dès à présent, il y a un certain nombre d’instruments, d’outils, qui recommencent à fonctionner, et sur lesquels les personnels de direction peuvent s’appuyer. Mais je suis très prudent, parce que la situation évolue. Mais ce qui est sûr, c’est qu’on a – dès à présent – un certain nombre d’outils qui sont actifs.

L’académie de Nantes est particulièrement touchée, comme celle de Toulouse. Le recteur de Toulouse parle d’un retour à la normale dans deux semaines, c’est aussi votre cas ?

Nous ne sommes pas exactement dans la même situation que Toulouse. Pour ce qui concerne l’académie de Nantes, dès à présent, je peux rassurer sur la question de la paye. Les enseignants et l’ensemble des personnels ont été et seront payés. De la même manière, les établissements commencent à bénéficier à nouveau depuis vendredi de messageries et d’accès Internet. Le logiciel qui permet de suivre les affectations des élèves est opérationnel depuis ce vendredi.

C’est un retour progressif, mais on avance.

Raphaël Muller

Recteur de l’académie de Nantes

Pourquoi les académies de Nantes et de Toulouse sont-elles particulièrement touchées après cette cyberattaque ?

C’est difficile à suivre… Créteil l’avait été un peu plus tôt dans l’été. Nantes, Toulouse… Aujourd’hui ce sont des phénomènes qui sont très difficiles à expliquer. On suit ça avec le ministère de l’Éducation nationale et les services de sécurité numérique de l’État.

Un représentant syndical parle d’un manque d’anticipation… Est-ce que, selon vous, tous les moyens ont été mis pour faire face à ce type d’événement ?

Force est de constater que nous avons face à nous des pirates qui arrivent à trouver des solutions. Ce qui est sûr, c’est qu’il faut rehausser notre niveau de protection avec, par exemple, des systèmes de double authentification qui vont être déployés dans l’éducation nationale.

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