Ce fut la première grande réussite de Roger Ricort au moment de reprendre ses fonctions de directeur sportif : débloquer positivement les négociations à l’arrêt autour de la signature du premier contrat professionnel de Junior Mandza. Perdre le jeune Niçois de 17 ans était inconcevable. Le DS a su trouver les bons mots, et le joueur, pourtant très courtisé, a su faire le bon choix. Celui du cœur. Celui de la reconnaissance aussi. Deux mois plus tard, il ne le regrette pas.
Fort d’une préparation réussie sous les ordres d’Olivier Pantaloni, Mandza, milieu de formation, a débuté la saison dans la peau du défenseur central gauche titulaire. Et tout laisse à penser qu’il peut s’y installer durablement. Contre Lorient, il a été « incroyablement serein. On aurait dit que c’était déjà sa deuxième ou troisième saison à ce niveau », a salué dans Gym Tonic Jean-Philippe Mattio, dont l’œil expert n’est plus à démontrer du haut de sa riche carrière de joueur et de recruteur.
L’histoire est d’autant plus belle que Junior Mandza est un pur Niçois, un enfant de Saint-Roch, qui a grandi sous les couleurs du Gym. Il en avait 6 à son arrivée. Il en a 17 aujourd’hui. « Il a fait toutes ses classes chez nous, c’est une grande fierté. Beaucoup de personnes se sont succédé pour qu’il en arrive là. C’est le fruit d’un long travail », observe Thomas Olivetti (ci-dessus en rouge), qui a connu Mandza tout jeune, puisqu’il supervisait alors la section U6-U9. Avec sa crête, son grand gabarit et une certaine aisance à n’en faire qu’à sa tête, le jeune gaucher avait hérité du surnom de Mario Balotelli. Puissant et polyvalent, il n’a pas tout de suite été le meilleur « mais il a très vite explosé », se rappelle celui qui est désormais le référent du recrutement au niveau local.
« Il a eu très vite une vraie maturité dans son jeu »
« Le passage au foot à 11 a agi comme un déclic pour lui, avec plus d’espaces pour s’exprimer. Il s’est développé athlétiquement aussi, a directement rayonné au milieu de terrain dans un rôle de 6 ou de 8. À partir de là, comme Nassim Laarej par exemple, il a franchi les étapes beaucoup plus vite que les autres, sans jamais stagner ».
« Il a eu très vite une vraie maturité dans son jeu. Dans les catégories jeunes, ça lui arrivait déjà de jouer défenseur central car on avait décelé chez lui une bonne gestion de la profondeur », confirme Johan Audel, qui a « eu la chance de le retrouver dans plusieurs étapes de sa pré-formation », d’abord en U10 puis en U15 ou en U16. « Il avait déjà d’énormes qualités mais beaucoup de caractère, trop même parfois. C’était un leader, il voulait tellement faire gagner son équipe qu’il avait tendance à endosser le rôle de super-héros », se souvient l’ancien attaquant. On n’était pas en conflit mais il avait besoin d’être piqué. Qu’on lui rappelle que le foot, ce n’est pas du tennis et qu’il a besoin de ses coéquipiers. »
La mauvaise gestion de ses émotions lui a valu quelques écarts de conduite au fil de son parcours, mais avec toujours une remise en question au bout et l’apprentissage de ses erreurs. Bien entouré par sa famille, bien cadré par le club, Junior Mandza semble lancé sur une voie royale, animé par l’envie de réussir.
« C’est un gros bosseur. Depuis tout petit, il sait ce qu’il veut faire. Et quand je le croisais et qu’il avait fait une petite bêtise, je lui disais toujours : ‘’Junior, n’oublie pas ce que tu m’as dit quand tu étais petit. N’oublie pas, que ton rêve, c’est d’acheter une maison à ta mère et une belle voiture à ton père’’ ». Fiers de sa trajectoire, ses anciens éducateurs savent néanmoins que ce n’est que le début du chemin. « Il va falloir qu’il reste humble, la tête bien froide et qu’il écoute tous les grands professionnels qui l’entourent, prévient Thomas Olivetti. Il a saisi une opportunité mais il n’est pas encore arrivé ». Il ne manquera sûrement pas d’âmes bienveillantes au club pour le lui rappeler.

Johan Audel, en haut à droite, est un proche de la famille Mandza. Et a beaucoup compté dans le parcours de Junior.
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