IA et apocalypse, humour british, chats potaches, thriller pop à grosses ficelles ou traque infernale sous haute tension: voici notre sélection des meilleures séries de l’été, à découvrir sur les différentes plateformes. 

‘Mum’ sur Arte.tv

Pour celles et ceux qui n’en peuvent plus des thrillers tendus et des polars humides, voici ‘Mum’, un bijou d’humour british avec une géniale observation vacharde des bassesses familiales au cœur d’un clan. Cathy (Lesley Manville), à peine soixante ans, est déjà en deuil. Cette jeune veuve tente de se reconstruire au milieu d’une famille certes aimante, mais passablement gratinée.

Lesley Manville dans la série 'Mum', à découvrir sur Arte.tv [Arte.tv] Lesley Manville dans la série ‘Mum’, à découvrir sur Arte.tv [Arte.tv]

Entre son grand dadais de fils Jason et sa copine Kelly, bête à manger du foin, des beaux-parents séniles sans filtre et sans gêne, son frère nigaud Derek en couple avec Pauline, l’aigrie pédante et délicieusement cassante, Cathy reste en toutes circonstances stoïque, passive, souriante, bienveillante face à ce troupeau aussi désespérant que désarmant. Heureusement, elle peut compter sur Michael (Peter Mullan), un ami de toujours secrètement amoureux d’elle. Mais ces deux-là sont tellement incapables de laisser leur cœur s’exprimer que leur romance va tarder à démarrer. 

‘Mum’ transforme les petits riens du quotidien en comédie cruelle désopilante, sans jamais perdre en tendresse. Dialogues cinglants, situations absurdes, ignorance crasse chez certains et naïveté déconcertante pour d’autres: les 3 saisons de 18 épisodes de 30 minutes s’avalent d’un bloc avec gourmandise.

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‘Alley Cats’ sur Netflix

Potache, vulgaire, irrévérencieuse, mais terriblement drôle et même bouleversante: Ricky Gervais, le chantre de l’humour anglais corrosif, s’est lâché sur sa série animée ‘Alley Cats’. A force d’observer les félins, il en a tiré six épisodes tous plus désopilants les uns que les autres.

'Alley Cats', une série animée signée Ricky Gervais. [Netflix] ‘Alley Cats’, une série animée signée Ricky Gervais. [Netflix]

Dans une maison abandonnée d’un quartier minable squatte un gang de matous. Gus, le leader grande gueule taille XXL, Fang, le gros balourd bagarreur, Puke, le galeux obsédé trash, Rupert, le chartreux précieux cultivé, mais castré et Olive, la demi-sœur tartignole de Gus, recueillent un jour Kitten, le chaton qui a perdu le chemin de sa maison. Ces feignasses poilues à quatre pattes avachies dans leur canapé déglingué aiment commenter les programmes de la télé et deviser sur la stupidité des humains.

Sous le vernis de la farce satirique parfois pipi caca trash, la série soulève des thématiques existentielles liées à la vie, la mort, la précarité, la sauvegarde de la planète et l’homme, le plus grand danger de cette Terre qu’il dézingue sans se préoccuper des ravages qu’il commet. Attention, ‘Alley Cats’ n’est pas pour les enfants.

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‘Lucky’ sur AppleTV+

Dans ce thriller estival pop hyper clinquant à très grosses ficelles, mais néanmoins bien emballé, Lucky (Anya Taylor-Joy) est contrainte à une cavale infernale après un braquage pourtant réussi. Trahie par son amoureux Cary (Drew Starkey) qui, un lendemain de cuite, s’est fait la malle avec le pognon, la voilà seule et sans argent, avec à ses basques une flic tenace du FBI qui veut plus que tout la coffrer et une cheffe mafieuse impitoyable (Annette Benning) qui aimerait bien récupérer son argent.

Anya Taylor-Joy dans la série 'Lucky'. [AppleTV+] Anya Taylor-Joy dans la série ‘Lucky’. [AppleTV+]

Manipulatrice virtuose, menteuse aussi rusée qu’intelligente, élevée par un père toxique et escroc qui lui a enseigné dès son plus jeune âge l’art de l’entourloupe, cette débrouillarde de Lucky va comprendre un peu tard que l’argent ne fait pas le bonheur. Elle sera aussi bien avisée de couper définitivement le cordon avec ce papa taulard.

Bien que particulièrement plaisante, dommage que la série tire en longueur: 6 épisodes en lieu et place des 7 proposés auraient musclé un rythme qui, bien souvent, s’enlise.

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‘Prisoners’ sur MyCanal

Thriller classique à la mise en scène efficace, la série créée par Matt Charman plonge Tahar Rahim dans une traque infernale sous haute tension. Cet ancien porte-flingue de l’organisation criminelle Pegasus se dit prêt à balancer ses employeurs au tribunal. Bien sûr, il n’arrivera pas de sitôt à la barre.

Une image de la série 'Prisoners'. [SKY UK] Une image de la série ‘Prisoners’. [SKY UK]

Dommage que la toile de fond politique, pourtant prometteuse, stagne au second plan. En effet, Pegasus prévoit de semer le trouble dans des capitales européennes en fournissant des armes imprimées en 3D, donc intraçables, à des fascistes prêts à répandre le chaos. La série mise plus sur une chasse à l’homme standard, sans répit alors que le repenti, lors de son transfert au tribunal, devient la cible d’une impitoyable tueuse de Pegasus. En fuite, d’abord menotté à une gardienne, jeune mère qui vient de reprendre le travail (Izuka Hoyle), le duo doit ruser pour rester en vie, d’autant qu’une taupe dans la police, à la solde de Pegasus, renseigne la tueuse sur leurs moindres déplacements.

Beaucoup d’action et un peu de psychologie de comptoir sont le sel de ‘Prisoner’, une série qui a ceci d’original que le héros est diabétique! Oui, de l’adrénaline sous insuline, il fallait y penser. 

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‘Silo Saison 3’ sur AppleTV+

Malgré deux premiers épisodes brouillons et, par la suite, quelques longueurs destinées à retarder au maximum les grandes révélations tant attendues sur l’origine de ces silos, villes souterraines d’un autre âge, la saison 3 de ‘Silo’ tient toutes ses promesses.

Il est conseillé de se laisser porter sans réfléchir avant de comprendre le lien entre les deux temporalités qui se déploient en alternance. En surface, dans l’Amérique de l’avant-apocalypse, 350 ans plus tôt, un député et une journaliste enquêtent et apprennent qu’un milliardaire de la tech projette de sauver l’humanité de sa probable extinction. Cette intrigue éclaire enfin l’existence de ces silos.

L'actrice Rebecca Ferguson dans une scène de la série 'Silo' (Saison 3) [Apple TV+] L’actrice Rebecca Ferguson dans une scène de la série ‘Silo’ (Saison 3) [Apple TV+]

En sous-sol, Juliette Nichols (Rebecca Ferguson) revient de son escapade au silo 17 frappée d’amnésie. D’ici à ce qu’elle recouvre la mémoire, Lukas Kyle et les rebelles du silo 18 tentent de comprendre ce que le pouvoir leur cache, tout en continuant à croire que l’herbe est bien plus verte dehors que ce qu’on leur affirme. Camille Sims (Alexandria Riley), nouvelle cheffe et figure forte du silo 18, qui répond aux ordres d’une IA, tente de contrôler Juliette. Elle ne doit pas se souvenir et encore moins parler, sans quoi l’IA aura recours à une solution définitive pour les habitants du silo.

Toujours aussi ambitieuse, élégante et même de plus en plus captivante à mesure que les deux temporalités se connectent, cette saison 3 prépare parfaitement à l’ultime, agendée en été 2027 et qui promet son lot d’émotions fortes.

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Philippe Congiusti/mh