Par
Thierry Chion
Publié le
29 août 2026 à 16h48
Si Jean-Paul Belmondo est venu à deux reprises tourner à Rouen (Seine-Maritime) pour les besoins de scènes au palais de justice, dans L’Inconnu dans la maison (1992) et dans quelques scènes du Cerveau (1969), son acolyte du Cerveau, comédien né en Seine-Maritime, Bourvil ne semble y être venu qu’une seule fois.
Belmondo et Bourvil se baladent de Rouen au Havre
Dans Le Cerveau, les deux hommes veulent réaliser le casse du siècle : braquer un train roulant vers la Belgique qui transporte les fonds secrets de l’Otan dans des sacs remplis de devises de 14 pays. L’un est naïf, il s’agit d’Anatole (Bourvil), et l’autre, Arthur, est dynamique et charismatique (Belmondo).
Les deux parviennent à former un duo comique, reléguant au second plan deux comédiens internationaux, à savoir le vrai cerveau (David Niven jouant le rôle du colonel Matthews) et le mafieux italien Frankie Scannapieco (interprété par Eli Wallach). Mais quand chacun d’entre eux veut sa part du gâteau, tous les coups sont permis et les gags vont s’enchaîner de Londres jusqu’à New York, en passant par Paris, Rouen ou Le Havre (Seine-Maritime), ainsi qu’à Foulbec (Eure).

Carrefour des D 312 et D 90, à Foulbec, lorsque les faux gendarmes arrêtent les faux pompiers. (©Image extraite du film.)
Des situations rocambolesques en cascade et des moyens importants (mobilisation du paquebot France dans le port du Havre, reconstitution d’une statue de la Liberté de 13,5 mètres de haut pour un poids de 3,5 tonnes…) qui font de ce film, outre un classique, une bonne comédie populaire qui a attiré en son temps 5,5 millions de spectateurs, soit un des plus gros succès de fréquentation pour Jean-Paul Belmondo.
Après Les Aventures de Rabbi Jacob ou Le Corniaud, Gérard Oury réalise cette nouvelle comédie qui, avouons-le, n’arrive pas au niveau des deux précédentes, même si les habitants du Havre ou de Rouen sont heureux d’y voir leur ville mise en scène.

À Foulbec, sur la 6176 lorsque la traction avant passa au pied de la maison en colombages afin de terminer sa course contre une borne d’appel d’urgence. (©Image extraite du film.)Un passage dans l’Eure
La première commune normande à être mise en scène est celle de Foulbec (Eure), non loin de Pont-Audemer, à l’intersection des RD 312 et RD 90. Les faux pompiers de David Niven qui ont les sacs de billets récupérés au nez et à la barbe du duo Belmondo/Bourvil sont arrêtés par de faux gendarmes à la solde d’Eli Wallach. Il est intéressant de noter que les véhicules de pompiers arborent les armes de Poix-de-Picardie (Oise) et des panneaux directionnels indiquent aussi la direction de la ville picarde, qui se trouve pourtant très loin du lieu de tournage.
Ensuite, nous retrouvons la Traction Avant Citroën de Bourvil roulant à vive allure de nuit. Elle passe au bout d’une maison à colombages, elle aussi située à Foulbec, le long de la RD 6178.

A la poursuite du Cerveau, un pneu de la DS des policiers éclate au niveau d’un chantier routier à 6 km de Saint-Thurien. En arrière plan, nous voyons le pont de Tancarville. Nous nous situons quelque part entre le Marais-Vernier et Saint-Aubin-sur-Quillebeuf. (©Image extraite du film.)
À 1h33 minutes puis à 1h35 minutes, c’est le pont de Tancarville (Seine-Maritime) qui est mis en scène, dans les deux sens de circulation, ce qui permet de retrouver la DS des vrais policiers transportant le duo Bourvil/Belmondo, qui se fait passer pour de faux policiers. La voiture crève sur un chantier qui se trouve sur la voie d’accès au pont de Tancarville, à Saint-Aubin-sur-Quillebeuf (Eure).

La DS des policiers emprunte la rue Martainville, à contresens. (©Image extraite du film.)La scène rouennaise
Une fois le pneu réparé, l’équipe repart à la poursuite du Cerveau pour arriver à Rouen, rue de Martainville, prise à contresens, puis place Barthélémy où la DS évite le véhicule transportant la statue de la Liberté. Évitant la voiture, le conducteur de l’engin défonce la devanture d’un antiquaire, joué par Mario David, toujours sur cette même place.

Devant l’église Saint-Maclou, à Rouen. (©Image extraite du film.)

Place Barthélémy, à Rouen, lorsque le convoi exceptionnel évite de justesse la DS et termine sa route dans une vitrine d’antiquités. (©Image extraite du film.)
Le reste de l’action se déroule au Havre, rue Camille-Dumoulin, avenue René-Coty, quai Jean-Reinhart ou quai Joannès-Couvert.
Que reste-t-il de ce film aujourd’hui ? Une statue, celle de la statue de la Liberté, qui se dresse encore fièrement à Barentin. D’abord placée en centre-ville, elle est déménagée en septembre 1973 pour être placée à l’entrée du centre commercial.

Les scène finales sont tournées sur le port du Havre. (©Image extraite du film.)
VIDÉO. Voir la bande annonce :
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