Une petite révolution pourrait-elle bientôt voir le jour dans l’industrie pharmaceutique ? C’est ce qu’espère l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), qui a annoncé mercredi le lancement d’un projet sur l’augmentation de la durée de conservation de 73 médicaments. Il s’agit de « traitements à base de paracétamol, de lévothyroxine, de mélatonine ou de lithium », affirme l’agence, qui a convaincu 14 laboratoires pharmaceutiques de participer à l’essai.

Parmi les médicaments concernés, certains figurent parmi les plus consommés en France. C’est le cas du Dafalgan, dont 75 millions de boîtes sont prescrites chaque année en France, mais aussi de l’Efferalgan, tous deux produits par le laboratoire Upsa. La durée de conservation de ces deux produits (trois ans actuellement) – ainsi que 45 autres médicaments – pourrait désormais atteindre quatre ans ou plus. Certains autres, comme la lévothyroxine, utilisée pour traiter l‘hypothyroïdie, passeraient de 18 à 24 mois.

Limiter le gaspillage

Leur composition et leur conditionnement resteront inchangés, seule la durée de leur efficacité et de leur utilisation en toute sécurité sera réévaluée par l’agence, qui s’assurera, grâce aux tests menés par les laboratoires pharmaceutiques, que les traitements ne se dégradent pas et conservent leurs propriétés sur le long terme.

Ce projet, baptisé « Longue vie aux médicaments », a été lancé à l’occasion de la COP30, qui s’est tenue à Belem (Brésil) en novembre 2025. Il doit notamment permettre de « réduire le gaspillage, améliorer les disponibilités pour les patients et réduire l’impact environnemental lié à la production et la destruction », soutient l’ANSM. Selon l’agence, le système de soins représente plus de 8 % des émissions de gaz à effet de serre en France, soit près de cinq millions de tonnes équivalent CO2. Les médicaments et dispositifs médicaux en constituent à eux seuls 55 %.