En redressement judiciaire depuis avril, cette enseigne historique fait face à une nouvelle journée de mobilisation, sur fond de tensions autour du plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) et de difficultés d’approvisionnement dénoncées par la CGT.
Nouvelle journée de mobilisation chez Gibert Joseph. Les salariés des librairies parisiennes de l’enseigne, en redressement judiciaire, sont appelés à faire grève ce samedi, avec des piquets de grève prévus dès 10h devant les magasins du boulevard Saint-Michel (6e arrondissement) et de Barbès (18e arrondissement). Un mouvement social qui intervient alors que les négociations se poursuivent entre la direction, l’administrateur judiciaire et les organisations syndicales autour du plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) de ce monument de la librairie française.
Une première journée de grève a déjà été organisée mercredi 26 août. Selon Sophie Rachet, déléguée syndicale CGT chez Gibert Joseph, environ 90% des salariés y ont participé, conduisant trois magasins sur cinq à fermer ou à ne pas ouvrir leurs portes. Des élus de la mairie de Paris, qui ont fait voter un vœu de soutien à l’enseigne et à ses salariés au Conseil de Paris, se sont rendus sur le terrain pour montrer leur solidarité.
Un «plan de transformation»
Les salariés de Gibert Joseph contestent notamment l’ampleur des suppressions de postes prévues dans le cadre du redressement judiciaire de l’entreprise. Le «plan de transformation» présenté par la direction le 24 juillet dernier prévoit la disparition de 84 emplois au total, ainsi que la fermeture de quatre librairies et d’un «corner». À Paris, la CGT affirme que le PSE prévoit à lui seul la suppression de 30 postes dans les magasins Gibert Joseph. Le syndicat réclame une limitation des suppressions d’emplois, la possibilité pour tous les salariés de bénéficier d’un plan de départ volontaire, ainsi que des indemnités supralégales et des conditions de départ identiques pour l’ensemble du groupe.
Cette institution du paysage culturel parisien est dans une situation très délicate. Le groupe Gibert, qui compte quelque 500 salariés et 16 magasins en France, a été placé en redressement judiciaire fin avril par le tribunal des activités économiques de Paris, à la demande de son propriétaire, la Financière Palidis. Aucune offre de reprise n’a été déposée avant l’échéance du 25 août pour trois librairies menacées. Les magasins d’Évreux (Eure) et de Poitiers (Vienne), ainsi que la Librairie de la Place, installée quai Saint-Michel à Paris, doivent donc être placés en liquidation judiciaire. Vingt-sept emplois sont concernés.
À ces inquiétudes s’ajoute un autre sujet de tension : la logistique. La CGT dénonce des «dysfonctionnements» depuis l’externalisation de cette fonction, qui auraient pour conséquence un approvisionnement insuffisant des magasins, pesant sur leurs ventes. Le syndicat estime que ces difficultés pourraient compromettre le plan de relance de Gibert Joseph et prévoit de déclencher un droit d’alerte économique. La prochaine réunion de négociations avec la direction est programmée ce lundi 31 août.