Né à Besançon en 1846 (il est mort dans la même ville en 1921), Victor-Marie-Emile Isenbart est à la fois l’un des peintres les plus doués de sa génération, mais également l’un des plus discrets et, finalement, peu d’éléments de sa vie nous sont parvenus.
Reste une œuvre magistrale, car ce peintre naturaliste a légué l’une des plus saisissantes collections de tableaux représentant des sujets mythologiques, et des paysages, dont beaucoup représentent, avec un souci permanent de fidélité, la Franche-Comté. Saisissant par sa maîtrise technique, Isenbart révèle aussi avec talent ombres et lumières et porte une grande attention aux effets atmosphériques et à la nature environnante, donnant à ses travaux un réalisme soigné.
Un « nid » franc-comtois dans la peinture française
L’artiste eut comme professeur Antonin Fanart, également bisontin, qui s’est inscrit dans la pure lignée de l’école de Barbizon, mouvement artistique français du XIXe siècle dont la principale caractéristique est de faire du paysage le sujet central de la peinture en le peignant directement d’après nature.
Mais Isenbart eut aussi une autre filiation artistique notable, en la personne de Gustave Courbet, génial Franc-Comtois, monolithe de la peinture française, et scandaleux artiste ayant eu moult déboires avec le pouvoir, en raison de son engagement dans les rangs des Communards. À partir de mai 1871, Émile Isenbart travaillera dans l’atelier de Courbet, à Ornans (lieu de naissance de Courbet), le maître devant faire face à un carnet de commandes qui ne cesse de se remplir. Isenbart prépare des fonds de tableaux, comme d’autres peintres de l’école franc-comtoise. Dès 1872, l’artiste expose au Salon à Paris, et au Salon des Artistes Français, dont il fut sociétaire en 1888. Il est médaillé aux Expositions Universelles de 1889 et de 1900.
Du pont Jean-Jaurès à la collégiale
Cette Vue de Dole nous plonge à proximité du pavillon des Arquebusiers, à proximité du pont Jean-Jaurès, bien avant que l’édifice n’intègre l’Eurovélo 6 (qui permet aux cyclistes de traverser l’Europe, de la Loire-Atlantique à la Roumanie), avec des aménagements spectaculaires réalisés en 2012 et inaugurés en 2013. Le pont immortalisé par Isenbart comptait deux arches, alors qu’il n’en a qu’une seule aujourd’hui. En ligne de mire, la collégiale, probablement le monument le plus peint et photographié de l’ancienne capitale franc-comtoise.
Un clocher « raccourci »
Initialement, le clocher fortifié achevé en 1596 mesurait 82 mètres de hauteur, selon les volontés de l’architecte graylois Hugues Sambin, qui avait imaginé l’édicule (couronnement de l’édifice) d’après celui du dôme de l’église Santa Maria del Carignano de Gênes. Mais les coups de canon des Français lors du siège de la ville en 1636, puis un violent orage ont eu pour effet de rabaisser les prétentions, puisque l’édifice sera reconstruit avec un couronnement inférieur de 9 mètres quatre ans plus tard. Il restera cependant le plus haut clocher de Franche-Comté (73 mètres) après ce coup de rabot.
Musée des Beaux-Arts de Dole, ouvert tous les jours de 10 à 12 heures et de 14 à 18 heures, sauf les dimanches matin, les lundis et les mardis du 1er novembre au 31 décembre. Fermé le 1er mai, le 1er novembre, et du 25 décembre au 1er janvier. Entrée libre.