Par
Fabien Binacchi
Publié le
30 août 2026 à 7h04
Une juge des référés du tribunal administratif de Marseille a débouté une entreprise spécialisée dans les « spectacles pyrotechniques » qui ne comprenait pas pourquoi elle avait été interdite de tirer un feu d’artifice cet été dans le massif des Alpilles.
Millétoiles – basée à Meyrargues (Bouches-du-Rhône) et qui se présente comme « un prestataire cinq étoiles » pour des « clients haut-de-gamme » – devait en effet intervenir le 8 août 2026 au Mas de la Mérindole, sur un « terrain privé » de Fontvieille (Bouches-du-Rhône), « dans le cadre des festivités d’un mariage ».
« Une sécheresse marquée »
Mais son « spectacle pyrotechnique » avait été interdit par le maire de la commune le 22 juillet 2026 : Gérard Garnier (divers gauche) avait invoqué un « risque d’incendie » et « un danger imminent de propagation aux parcelles et habitations environnantes » en raison des « conditions météorologiques à la date de l’arrêté ».
Elles étaient en effet « caractérisées par une sécheresse marquée, des températures élevées et une faible hygrométrie du sol et de la végétation », résume la juge des référés du tribunal administratif de Marseille.
La société de Jean-David et Isabelle Gallet avait dès lors déposé une requête en référé auprès du tribunal, une procédure d’urgence : cette interdiction allait lui causer un « préjudice grave et immédiat » car le spectacle était « prévu à brève échéance » et « durant la saison estivale ».
Elle « l’empêche de respecter ses obligations contractuelles » à l’égard des organisateurs, de « mobiliser les moyens humains et techniques à l’organisation du spectacle », de « finaliser la préparation artistique et technique » et « d’en propose des adaptations ».
« L’interdiction du spectacle est disproportionnée »
Millétoiles voulait aussi « préserver son chiffre d’affaires », au nom de « la liberté du commerce et de l’industrie », le spectacle en question « ne pouvant avoir lieu à une autre date ». Le maire de Fontvieille avait en tout état de cause commis une « erreur de fait » puisqu’il n’y avait pas de « situation de sécheresse et de canicule » le jour où il avait pris son arrêté.
« L’interdiction du spectacle est disproportionnée : elle ne tient pas compte du risque d’incendie au jour du spectacle ni des particularités du site où celui-ci est organisé », se plaignaient les artificiers.
Une requête « manifestement mal fondée »
Mais « le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience notamment lorsqu’elle est dénuée d’urgence ou qu’il apparaît manifeste […] que celle-ci est mal fondée », commence par rappeler la juge des référés du tribunal administratif de Marseille dans une ordonnance en date du 24 juillet 2026 qui vient d’être rendue publique.
Or « en l’état de l’instruction », « aucun » des arguments de la société ne lui semble « propre à créer un doute sérieux quant à la légalité » de l’arrêté municipal.
Cette requête « manifestement mal fondée » a donc été « rejetée ». Le tribunal administratif de Marseille se repenchera toutefois sur le dossier dans les prochains mois, par le biais cette fois-ci d’une formation collégiale de trois juges : si la décision venait à être annulée a posteriori, Millétoiles pourrait demander des dédommagements à la mairie.
GF / PressPepper
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