Adapté du roman ‘La constellation du chien’ de Peter Heller, le nouveau film de Ridley Scott, sorti le 26 août, imagine un futur post-apocalyptique qui ne manque pas de résonnances avec notre époque contemporaine. Mais ‘The Dog Stars’ peine à dissiper une impression de déjà-vu.
Un monde post-apocalyptique dépeuplé. Des survivants disséminés qui protègent leur territoire contre les intrus. Des villes en ruine grignotées par la végétation. Si vous pensez à ‘The Last of Us’, ’28 ans plus tard’, ‘Je suis une légende’ ou encore ‘Sans un bruit’, vous aurez raison. Sinon qu’on ne trouvera aucun zombie, humain enragé ou extraterrestre belliqueux dans ce ‘Dog Stars’ qui ne se départira toutefois jamais d’une impression de déjà-vu. C’est la limite principale, et massive, de ce nouveau film signé Ridley Scott qui, à 88 ans, continue à tourner plus vite que son ombre.
Un hypothétique havre de paix
2035. Une pandémie a décimé la population depuis des années. Près de Denver, dans un aérodrome perdu dans la forêt, Hig (Jacob Elordi) survit en compagnie de son chien, Jasper, et de Bangley (Josh Brolin), un ancien soldat prompt à abattre n’importe quel intrus qui aurait l’audace d’approcher leur repère.
Ruminant la mort de sa femme et de son enfant, Hig emprunte régulièrement son petit avion pour faire le plein de victuailles et d’essence dans la cité de Denver, fournissant au passage un peu de sa cargaison à une communauté de chrétiens mennonites subsistant à proximité. Un quotidien sans perspective qui s’ouvre le jour où il intercepte un message radio lui laissant croire à l’existence d’un Eden. Hig décide de partir en avion à la recherche de cet hypothétique havre de paix, croisant au passage le chemin d’une jeune veuve (Margaret Qualley) et de son père (Guy Pearce).
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Un western futuriste
Dans le cadre familier de cet avenir dévasté que le cinéma, comme la série, a investi un nombre incalculable de fois, ‘The Dog Stars’ puise en peu de singularité dans sa tonalité calme, presque contemplative, rejouant, sur le mode d’un western futuriste, l’éternelle question de la reconquête d’une communauté américaine idéale.
L’antagonisme posé d’emblée entre Hig, qui veut encore croire à une lumière humaine, et Bangley, survivaliste qui n’a d’autres ambitions que de rester en vie et éviter toute intrusion extérieure, n’est pas sans intérêt. Puis le film, résonnant avec les fantasmes idéologiques de notre époque, confronte les protagonistes à des hordes de barbares aux allures de gangs de Mexicains tatoués ou de néo-Indiens, à une microsociété conservatrice et 100% blanche, nostalgique de l’Amérique des années cinquante, et à ce village de mennonites dont les enfants sont frappés par la maladie. Avec, au choix, la possibilité de survivre dans la peur permanente de l’invasion étrangère, de devenir la victime d’une société dégénérée à force de refuser toute ouverture à l’autre, ou d’embrasser le fondamentalisme non-violent, mais régressif, d’un groupe d’évangéliques.
Mais si l’on peut être sensible à cette dimension contemporaine, l’impression persiste d’un film qui, sans être foncièrement mauvais, se contente de planter des graines sans les arroser et survole des enjeux passablement éculés, condamnant cette vision du futur à être déjà obsolète.
Rafael Wolf/sc
‘The Dog Stars’ de Ridley Scott, avec Jacob Elordi, Margaret Qualley, Josh Brolin. A voir dans les salles romandes depuis le 26 août 2026.