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Dans la fosse du plateau du Castella, Sheila a pu reconnaître des visages, samedi 29 août, aux fêtes de Pamiers. Depuis le début de sa tournée, des fans inconditionnels et historiques la suivent devant toutes les scènes qu’elle emprunte. La Dépêche du Midi est allée rencontrer ce groupe d’amis, lié à jamais par une même passion : Sheila.

Place du Mercadal, ils sont plusieurs dizaines sur la ligne de départ, prêts à gravir la rude montée menant au plateau du Castella de Pamiers. Il est 19 heures, et les portes du concert de Sheila doivent s’ouvrir. Devant les agents de sécurité, ça trépigne, et quand le feu passe au vert, certains entament même un pas rapide.

19h04, plusieurs personnes ont déjà marqué leur territoire devant la scène. Dans ce petit monde, certains sont expérimentés en la matière. C’est le cas de ce groupe de retraités, qui ne tarde pas à révéler leur folle identité. « Nous suivons Sheila depuis plus de 45 ans. »

Des passionnés depuis l’enfance

Bruno, polo blanc et casquette bien fixée, est l’un des leurs. Dans ce groupe, chaque âme, son histoire. Bruno lance les récits. « J’avais cinq ans, et j’ai flashé sur une pochette de disque. Ma mère me passait le disque et j’écoutais. Quand Sheila passait aux émissions télé, j’arrêtais tout », raconte cet enfant des années 1960. À côté de lui, Philippe se souvient de ses années 1970. « C’est l’époque disco, ça a été révélateur. » Et quand on parle de disco dans ces années-là, on parle Sheila. 

Toujours devant la scène, qui se prépare à l’arrivée de celle qui occupe toutes les lèvres, Maryse fait aussi partie de ce club d’inconditionnels. Maryse, elle a vécu le mariage de l’artiste avec Ringo, le 13 février 1973. Quant à Franck, autre expert de la troupe, il partage avec ses voisins de fosse deux choses essentielles : les souvenirs, mais surtout aujourd’hui, l’amitié.

Quand Sheila crée la rencontre

Ce qu’il y a de plus beau dans ce groupe, c’est qu’il est devenu inséparable, par la force d’une passion commune. « Je n’ai jamais raté un spectacle parisien », indique Philippe. Bruno, lui, ne compte plus les concerts. « Il y en a des centaines », se contente-t-il de glisser. Quand il était petit, Sheila trônait au-dessus de son lit. Des décennies plus tard, la voir en vrai est devenue une tradition collective.

« On s’était dit que, lorsqu’on serait retraités, on ferait toute la tournée ensemble », explique Maryse. Alors en 2026, et cette tournée « 8.0 » de Sheila, la promesse est devenue réalité. « On était en Suisse juste avant, on a été en Bretagne, et nous-même on vient de régions différentes. Ce qui est super, c’est qu’on visite les régions grâce à Sheila », poursuit Bruno. Voyager, et revoir leur star préférée, ils ne s’en lassent pas. Mais en réalité, Sheila n’est pas un trésor immobile à leurs yeux.

Une artiste en perpétuelle renaissance

« Sa grande force, c’est de ne jamais avoir été devancée. Elle a toujours su nous surprendre. Encore en 2022, elle s’était cassé une jambe. On s’est dit que ça allait être difficile pour les concerts, et elle nous a épatés », illustre Philippe.

Pour lui, la longévité de l’icône – qui a récemment assuré vouloir fêter ses 70 ans de scène – se doit en partie à cette capacité de se réinventer, au fil des époques. 

Preuve en est, Bruno a su convertir sa fille à Sheila, mais aussi la génération suivante. Devant la scène, toute la famille est réunie à Pamiers, tout comme la bande. Mais pour Sheila elle-même, voir ces visages relève désormais de l’habitude. « Elle sait qu’on est là, elle nous attrape parfois la main, et nous on lui sert parfois de prompteur », sourit l’équipe. L’occasion de dégainer une nouvelle anecdote, comme pour montrer une dernière fois leur passion : à 81 ans, « Sheila est l’une des rares artistes sans prompteur ».