La filiale d’Hermès, déjà historiquement implantée à Champigny-sur-Marne, va pouvoir s’y étendre en reprenant l’ancien négoce de bois, à proximité de l’autoroute A4. Le groupe de luxe a révisé sa copie pour éviter les risques d’incendie.

Le nouvel atelier, qui produira des pièces métalliques destinées à la maroquinerie et aux accessoires de mode, depuis la barre de laiton jusqu’au produit fini emballé dans sa petite boite orange, viendra remplacer l’un des deux sites actuels de la marque de luxe, en prenant ses aises sur 8000 m2, sur une parcelle totale de 1,7 ha. De quoi remplacer dignement l’ancienne société de négoce de bois Dumoulin, avenue du général de Gaulle, à côté de l’immeuble de Sonvidéo.com et du restaurant Le Bouillon.

300 salariés y sont attendus à terme. Alors qu’Air Liquide a quitté les bords de Marne campinois pour Charenton-le-Pont, cet ancrage d’Hermès conforte la vocation industrielle de la ville qui s’apprête aussi à voir ouvrir le centre d’exploitation et de maintenance de la ligne 15 sud du métro.

© Nhung Tran

Préoccupation écologique désormais doublée d’une meilleure prévention des incendies

Le projet, qui a fait l’objet d’une consultation du public ce printemps en vue des autorisations environnementales d’installation classée pour la protection de l’environnement (ICPE) en raison des produits nécessaires au bain de l’atelier galvanisation, a travaillé son intégration écologique. Bassin de rétention d’eau de près de 1000 m2 pour les eaux incendies, récupération des pluviales, maintien des arbres du site, panneaux photovoltaïques sur le toit, espaces paysagers, couverture de l’espace de stockage des déchets… tranchent avec les usines à l’ancienne.

Nouvelles garanties contre les incendies

Restaient quelques points qui avaient conduit à un avis défavorable de la brigade des sapeurs pompiers de Paris (BSPP) comme le recours à du bois lamellé-collé au niveau de la structure, par dérogation à un matériau incombustible, pour des raisons esthétiques, ou encore à un procédé de désenfumage qui ne convainquait pas, et le fait qu’il ne soit pas prévu de personnel présent la nuit mais un pilotage à distance depuis Paris.

Suite à ces réserves, la filiale d’Hermès a renoncé à sa demande de dérogation, s’engageant à utiliser un matériau incombustible. L’entreprise a aussi détaillé la matière dont l’extraction des fumées s’exécuterait de façon automatique, et a proposé d’ajouter un système de sprinklage (aspersion automatique d’eau en cas de détection incendie) sur la totalité de l’usine y compris dans le parking souterrain. Le futur exploitant a aussi pris des engagements pour limiter les nuisances du chantier. De quoi convaincre le commissaire enquêteur de délivrer une autorisation environnementale. Celle-ci est désormais attendue de la part du préfet.

Selon le premier calendrier du projet, les travaux devraient démarrer en octobre 2026 par la démolition de l’existant avant la construction du nouveau bâtiment. La livraison est prévue en juin 2028.