Souriante, Hélène Cayeux pose devant une photo de jeunes femmes présentée, en 1995, lors d’une exposition au Centre d’histoire du travail, « Rêves de boîtes ». C’est ce portrait d’elle que l’on va découvrir sur l’affiche nantaise des Journées du patrimoine et du matrimoine en septembre 2026, à l’occasion de l’édition 2026. La thématique nationale de ces Journées est consacrée au patrimoine de la photographie et au patrimoine en péril, raviver, résister, réimaginer, et au bicentenaire de la photographie.

La Ville de Nantes a décidé de mettre en valeur la photographe Hélène Cayeux, dont l’œuvre constitue un témoignage précieux du monde du travail nantais, des chantiers Dubigeon aux filles de Chantelle©.

Une photo d’Hélène Cayeux au moment du projet de fermeture de Chantelle©, à Saint-Herblain (Loire-Atlantique). Devant l’usine, le 9 mai 1994, les ouvrières jettent les lettres de la direction au feu. | ARCHIVES HÉLÈNE CAYEUX
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Une photo d’Hélène Cayeux au moment du projet de fermeture de Chantelle©, à Saint-Herblain (Loire-Atlantique). Devant l’usine, le 9 mai 1994, les ouvrières jettent les lettres de la direction au feu. | ARCHIVES HÉLÈNE CAYEUX

Regard sensible, talent immense, Hélène Cayeux (1946-2017) a travaillé pendant vingt ans à la rédaction d’Ouest-France, à Nantes depuis 1970, et à Paris. Auparavant, elle avait commencé sa vie professionnelle dans des studios de publicité, puis à l’AFP (Agence France-Presse) à la fin des années 1970. Elle avait rejoint Ouest-France où elle fut pigiste, puis reporter photographe. Elle s’intéressait aux gens simples, au monde du travail, à l’aspect social comme aux métiers.

« De la “famille” de celles et ceux qui triment, résistent et se battent »

Son travail autour des mouvements ouvriers présente l’action d’associations nantaises actrices de ces Journées, comme le Centre d’histoire du travail (CHT) ou encore la Maison des hommes et des techniques (MHT),présente la Ville de Nantes. Hélène Cayeux avait l’œil : cette capacité rare à saisir l’essentiel en un seul cliché. Pour les syndicalistes qui l’ont côtoyée, elle faisait partie de la “famille” de celles et ceux qui triment, résistent et se battent.

Hélène Cayeux a confié l’essentiel de son fonds de 40 000 photographies au Centre d’histoire du travail de Nantes, qui lui a déjà consacré une exposition en 1995. Le CHT a préparé une nouvelle exposition Intitulée « Au contact de la machine, le regard d’Hélène Cayeux », qui sera exposée à l’hôtel de Ville de Nantes. Ses archives photographiques constituent une ressource majeure pour comprendre l’évolution du monde ouvrier et des mobilisations sociales. Elles rappellent combien la photographie peut être un outil de mémoire, de transmission et d’émancipation »,souligne la Ville de Nantes.