Dans la froideur du huis clos obtenu par l’avocat d’une des victimes, le procès du magnétiseur marseillais Frédéric Benard a déroulé pendant trois jours le portrait glaçant d’un prédateur sexuel, d’un homme de 64 ans se prévalant d’un « don » pour abuser sexuellement des patientes à son domicile de la Pomme, dans les quartiers est de Marseille. Un cabinet improvisé dans lequel a défilé, entre 2015 et 2021, une clientèle de femmes en détresse, après une interruption médicale de grossesse, avec la peur du cancer, avec le sentiment d’avoir l’œil […], toutes venues consulter cet autoproclamé voyant et guérisseur en espérant un soulagement.

À défaut, elles s’étaient retrouvées allongées sur sa table de « soins », fortement incitées à se dénuder, puis violées digitalement, ou même, à l’aide d’un crucifix. Des agressions s’accompagnant parfois de crachats et toujours d’une intense pression psychologique pour que les victimes, sous son emprise, reviennent se « faire nettoyer en passant par le bas » afin qu’il « chasse le mal en elles… »

« Il m’appelait son esclave »

« J’étais dans une frayeur totale, gouroutisée », « j’étais comme un robot », « il m’appelait son esclave » témoigneront l’une après l’autre…