L’air deviendra-t-il irrespirable en Provence ? En raison du réchauffement climatique, les vagues de chaleur exceptionnelles telles qu’on les a connues cette année, précoces et intenses, qui ne sont déjà pas sans conséquence sanitaire, risquent d’accentuer les épisodes de pollution à l’ozone, tout aussi néfastes pour notre santé.

Les seuils des autorités françaises, desquels découlent des recommandations à la population, voire des mesures contraignantes, diffèrent des lignes directives de l’OMS, bien plus strictes. « L’OMS aborde seulement le risque sanitaire, tandis que le législateur doit trouver un compromis entre l’économie et les usagers », explique Damien Piga d’Atmo Sud.

En PACA, le nombre de jours par an où la concentration d’ozone dépasse les seuils recommandés par l’OMS est près de deux fois supérieur à ses préconisations, selon les calculs de l’observatoire régional de la qualité de l’air. L’indice ICAIR 365, qui intègre l’ensemble des polluants réglementés, permet quant à lui de constater que la pollution reste bien plus marquée en zone urbaine.

Dans les deux cas, la vigilance reste de mise. L’ozone est un gaz oxydant qui pénètre profondément dans les voies respiratoires : « À ces niveaux de concentration, il présente un risque, qu’on soit atteint d’une pathologie chronique ou en bonne santé », avertit Julie Mazenq, pneumo-pédiatre à l’hôpital de la Timone à Marseille, qui a notamment étudié l’impact sanitaire de la pollution.

L’exposition peut provoquer des « irritations oculaires et des voies respiratoires, une diminution temporaire de la fonction pulmonaire, des inflammations pulmonaires ainsi que des effets sur le système cardiovasculaire », précise Atmo France.

« Dès le fœtus, nous sommes exposés »

Les personnes fragiles, souffrant d’une pathologie chronique, les enfants, les personnes âgées, les femmes enceintes, mais aussi les personnes pratiquant du sport en extérieur sont plus susceptibles d’être affectées. « Les asthmatiques, mais aussi les fumeurs, risquent des décompensations, provoquant des crises d’asthme pouvant amener aux urgences », développe Julie Mazenq.

Alors que toute la France est concernée par un excès de mortalité en raison des chaleurs records de cette année, la pneumo-pédiatre alerte que « le cumul des canicules et de la pollution à l’ozone multiplie les risques de manière exponentielle, avec des retentissements plus importants pour la santé ».

Les réactions chimiques qui génèrent l’ozone favorisent également l’augmentation des concentrations en particules fines. Elles sont très néfastes pour la santé des malades chroniques, notamment dans le cas d’une mucoviscidose. « Dès le fœtus, nous sommes exposés à ces polluants », souligne Dr Mazenq.