Par

Kelman Marti

Publié le

31 août 2026 à 13h46

Chaque année, rebelote. Un nouvel édifice historique est sélectionné pour le Loto du patrimoine et espère ainsi être sauvé, puis remis au goût du jour. En Haute-Garonne, après la Halle et le beffroi de Revel en 2024, puis le Château de Montlaur en 2025, c’est au tour du Château de La Salvetat-Saint-Gilles d’être choisi en ce lundi 31 août 2026. Construit en plein cœur de cette commune d’environ 8 500 âmes situé à 14 km à l’ouest de Toulouse, il est un véritable « millefeuille » de styles architecturaux qui menaçait de s’effondrer il y a encore quelques années. Aujourd’hui en pleins travaux, il se rêve un futur de lieu culturel gratuit et ouvert à tous. Voici les contours du projet.

Un financement vital

Ce lundi 31 août 2026 est un grand jour pour le château de La Salvetat-Saint-Gilles : la Fondation du patrimoine vient d’annoncer sa sélection pour le Loto du patrimoine. En clair, l’édifice, construit à la fin du XIVe siècle et classé aux monuments historiques, recevra une enveloppe pouvant aller jusqu’à 350 000 €. La somme, collectée par l’achat de tickets de ce loto, pourrait ainsi financer jusqu’à 63% des travaux ; 20% étant assurés par la mairie et 80% par le privé et les mécènes.

Ces derniers ont déjà commencé et permettront notamment de restaurer deux pavillons d’angle, ainsi que l’unique escalier de la tour principale. Si l’enveloppe est conséquente, elle permettra également la restauration de plusieurs autres éléments de « la tranche optionnelle des travaux », annonce Anne-France Chaussonnet. Pour la chargée du patrimoine culturel et naturel à la mairie de La Salvetat-Saint-Gilles, ce financement « est extrêmement important ».

Sauvé, mais pas encore totalement rénové

En 2016, après l’achat du château par la commune à la suite d’une enquête auprès de la population qui souhaitait le sauver, de premiers travaux avaient été entrepris urgemment. « Il était en péril et il était évident qu’il allait s’effondrer à court terme. Et au printemps suivant, une partie de la toiture s’est effondrée », se souvient-elle.

Cette première tranche de travaux, conclut en septembre 2023, avait donc permis de sécuriser l’édifice et d’en assurer sa survie, lui qui n’avait plus été occupé et entretenu depuis la Seconde Guerre mondiale.

Bientôt des visites ?

Au fil des années, rénovation après rénovation, le chantier s’est poursuivi avec une même idée : celle de transformer le château – et son parc également racheté par la mairie – en « lieu culturel ».

« On souhaiterait le faire visiter ; en faire une salle d’expositions, de concerts ; y installer une petite restauration sur place », le tout avec « la contrainte d’accueillir maximum 20 personnes en raison de l’unique issue de secours (l’escalier) » et le souhait d’assurer « la gratuité », assure Anne-France Chaussonnet.

Un lieu de vie…

Des ambitions qui s’ajoutent aux projets déjà en cours, comme celui de la Guinguette du Château qui anime la vie locale l’été et dont l’association à la tête reverse une partie de ses revenus à la restauration de ce bâtiment unique.

Selon la chargée du patrimoine culturel de la commune, il est un véritable « millefeuille » d’histoires et de styles architecturaux.

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…et chargé d’histoires

« Pendant longtemps, on a cru qu’il appartenait à Raymond IV, mais là, on a prouvé que c’était une erreur de transcription dans les textes », se rappelle Anne-France Chaussonnet. Au début, « c’était une possession des comtes de Comminges qui cherchaient à asservir leur position et qui ont donné le territoire à l’abbaye de Bonnefont qui en a fait une sauveté. Le premier castellum remonte aux XIe et XIIe siècles. Puis, ce château d’apparat, construit au tournant du XIVe et du XVe siècle par des Tournier, a été acheté par des parlementaires toulousains qui se le sont donné de main en main. »

Ainsi, au travers des époques, le lieu n’a cessé d’évoluer avec son temps et de troquer son caractère de forteresse médiévale pour une demeure seigneuriale. « Par exemple, la façade sud date du tout début du XVe siècle, l’époque médiévale. Puis, il y a eu une grosse phase de transformation à la Renaissance avec une cour intérieure et des galeries à l’image des hôtels particuliers toulousains. Enfin, on a eu une dernière phase au XVIIIe siècle avec des nouvelles façades plaquées sur celles de la Renaissance, avec des fenêtres, de la symétrie… Ça en fait un château unique dans la région qui ne mérite que d’être découvert », conclut la passionnée salvetaine.

Pour plus d’informations :
Lien de la cagnotte sur le site de la Fondation du patrimoine ici.

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