En août 2026, les forces russes ont lancé plus de 2 500 drones Shahed à réaction contre l’Ukraine, alors que Kyiv et ses partenaires européens avaient concentré une part croissante de leurs moyens sur l’interception du Geran-2 à hélice. Devenu très peu efficace pour atteindre ses cibles, ce dernier reste pourtant engagé en nombre. L’arrivée massive des Geran-4 et Geran-5, beaucoup plus rapides et dotés de moyens de navigation et de communication perfectionnés, place ainsi la défense aérienne ukrainienne devant une menace différente, sans faire disparaître celle qu’elle avait appris à contenir.
Geran-4 et Geran-5 : montée en production
En juillet, environ 1 500 appareils à réaction avaient été employés, soit une progression d’au moins 67% en un mois. Selon Serhii Beskrestnov, conseiller de la présidence ukrainienne pour les technologies de défense, les drones nouvellement produits sont envoyés au combat presque directement après leur sortie d’usine. Le passage de la fabrication à l’emploi opérationnel ne s’accompagne donc pas de la constitution préalable d’une réserve importante. Lors d’une attaque récente, ces variantes auraient déjà représenté 50% de tous les drones lancés par les forces russes.
Le 12 août, la Direction principale du renseignement du ministère ukrainien de la Défense, dite HUR, estimait la production russe à environ 3 000 Geran-4 et Geran-5 par mois. Leur fabrication en série est installée à Yelabuga, dans la zone économique spéciale d’Alabuga, au Tatarstan. Il avait fallu près de 3 ans à l’industrie russe pour dépasser 2 500 Geran-2 mensuels. Quelques mois lui ont suffi pour atteindre un volume comparable avec les modèles à réaction, dont la production aurait dépassé celle du Geran-2 durant le mois d’août.
Avec environ 185 km/h, le Geran-2 demeure nettement plus lent que le Geran-4, donné pour 500 km/h, et le Geran-5, susceptible d’atteindre 600 km/h. Les documents diffusés le 9 mai par le ministère russe de la Défense attribuent au Geran-5 une longueur de 6 mètres, une envergure de 5,5 mètres, une charge militaire de 90 kg et une portée pouvant atteindre 1 000 km. Les modèles à réaction reçoivent également des équipements de communication en réseau maillé, conçus pour mieux résister aux moyens ukrainiens de guerre électronique.