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Rédaction Nantes

Publié le

31 août 2026 à 16h32

Un ancien « catholique d’extrême droite » né à Bressuire (Deux-Sèvres) mais qui vit à présent à Nantes (Loire-Atlantique) a été condamné ce vendredi 28 août 2026, en comparution immédiate, pour son « apologie du terrorisme » islamique sur le réseau social chinois Tik Tok.

Ex-catho « d’extrême droite » converti à l’islam, il est jugé à Nantes pour apologie du terrorisme

Louis L. – un jeune « pas baptisé » qui a commencé à 15 ans à aller « seul à la messe », mais qui s’est rendu compte depuis que l’islam lui « convenait mieux que le christianisme » – avait fait l’objet le 23 décembre 2025 d’une « alerte » du « groupe de lutte anti-terrorisme » de la police judiciaire de Nantes en dépit de son casier judiciaire vierge.

Sa photo de profil sur le réseau social était en effet celle de Samy Amimour, le terroriste islamiste français qui a été à l’origine avec deux autres de la tuerie de masse du Bataclan le 13 novembre 2015. Son compte, suivi par « 49 followers » et qui suivait lui-même autant d’internautes « en lien avec la mouvance salafiste », faisait aussi « tourner en boucle » des « chants religieux » exhortant à la « vengeance » et « glorifiant » les attentats. Ses « stories » montraient encore des jeux vidéo de « tueries de masse » avec « une photo » de la salle de concerts.

Des « drapeaux noirs caractéristiques » de l’État islamique (EI) et la mise en valeur des chats – un « animal pur » dont la persécution était interdite par le prophète Mahomet – avaient aussi inquiété les autorités. Enfin et surtout, un « live de près de deux heures » d’un jeu vidéo en réseau avait accéléré l’enquête. Ce jeune de 19 ans évoquait « à plusieurs reprises le Bataclan », disait éprouver un « certain plaisir à tirer » et « trop aimer démembrer des humains », alors qu’il était justement en train de « tronçonner » et « égorger » des personnages…

« Victime de harcèlement »

Ce vendredi 28 août 2026, devant les juges du tribunal correctionnel de Nantes, ce jeune converti à l’islam « depuis les années lycée » a toutefois assuré qu’il n’y avait « rien de sérieux » dans tout cela et que « jamais » il ne « cautionnerait » des actes terroristes. Lors des faits, il y a huit mois, il était simplement « assez déprimé de la vie » car il n’avait « pas d’amis ».

Le jeune homme, qui a été « victime de harcèlement » à l’école, passait ses journées à « lire » et « s’informer sur la religion » en faisant ses « cinq prières par jour » et en allant « tous les vendredis » à la mosquée pour la principale prière des musulmans. Se disant « de la mouvance sunnite », il s’est ainsi « formé tout seul » à l’islam, « principalement dans les livres ».

Depuis, il dit vouloir « reprendre une vie normale » et « essayer de trouver une copine si c’est possible », car il est désormais séparé de celle qu’il avait au moment des faits. Sur le plan professionnel, il a fait « une formation dans le nettoyage » car ses deux dernières expériences « dans l’agroalimentaire » se sont mal passées. La première a duré « 20 minutes » : il avait « prévenu » son agence d’intérim qu’il « ne pouvait pas faire de porc » mais a été mis devant le fait accompli. La seconde a duré « une semaine » car le rythme était « trop intense ».

D’un point de vue social, le prévenu dit aussi recommencer à sortir puisqu’il s’est rendu « à une convention sur des cosplays », un rassemblement où des passionnés de mangas et de séries télé « se déguisent » en leurs personnages préférés.

Un père « assez raciste » et « qui a toujours détesté l’islam »

Sur un plan familial, sa mère, présente à l’audience, a « bien » perçu sa conversion à la religion musulmane. En revanche, son ex-mari, avec qui leur fils n’a plus de contacts, l’a mal pris. « Il est assez raciste et fermé, et a toujours détesté l’islam », a expliqué Louis L. Le jeune homme a aussi reconnu être « l’exact opposé » de son jeune frère « athée », politiquement « de droite » et « extraverti » puisque celui-ci compte « une centaine d’amis ». Ce même frère boit « énormément d’alcool » dans des « soirées toutes les semaines ».

De toute façon, Louis L. ne compte pas rester éternellement en France : il aimerait « aller vivre dans un pays plus musulman », comme « la Bosnie » par exemple. « Si un jour j’ai une fille, elle ne pourra pas porter le voile », a-t-il expliqué à la présidente pour justifier ses envies de quitter son pays natal. Invité à dire ce qu’il pensait du « niqab », il trouve ça « bien ».

L’expert psychologue qui l’a examiné dans le cadre de cette affaire pense que le jeune homme est dans une « quête identitaire probablement encore non achevée » puisque celle-ci dure habituellement « jusqu’à 25 ans ».

L’avocate de la défense, Me Alexandra Nokovitch, a rappelé que cet ancien « catholique » a été un moment « intéressé par l’ultra-droite » et qu’il avait alors « une haine profonde des musulmans ». Mais « petit à petit, je me suis rendu compte que l’islam était une belle religion et qu’elle me convenait mieux que le christianisme », a complété son client.

Un risque de passage à l’acte ?

La procureure de la République, elle, est « très clairement inquiète pour l’avenir » de ce jeune qui avait invoqué « l’humour noir » au cours de l’enquête : elle « craint un passage à l’acte ». L’avocate de la défense, pour sa part, avait tenté de rassurer le tribunal correctionnel de Nantes dans ce « dossier ultra-sensible » qui concerne un jeune « passé d’une mouvance extrême à une autre » : son grand-père maternel allemand, un ancien « grand voyageur passionné d’Afrique » et « érudit », s’était lui-même converti à l’islam après avoir « écrit des livres ».

« Ce n’est pas un terroriste caché ou en herbe : croyez-vous qu’un islamiste aurait pris une avocate femme ou qu’il écouterait de la musique quand il va à la salle de sport ? », a-t-elle demandé aux juges.

Les réquisitions du parquet ont au final été suivies à la lettre par les trois magistrates. Le tribunal correctionnel de Nantes a condamné Louis L. à trois ans de prison avec sursis simple et à un suivi socio-judiciaire de deux ans « pour vérifier qu’il ne fait pas l’objet d’un endoctrinement plus poussé ».

Il devra aussi se plier à une obligation de soins psychologiques et de travail, sans quoi il risque un an de prison. Son nom a également été inscrit au FIJAIT (Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions terroristes) et il sera inéligible pendant cinq ans. Enfin, son ordinateur, son téléphone et ses drapeaux islamistes ne lui seront pas rendus.

GF (PressPepper)

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