Par
Anthony Soudani
Publié le
31 août 2026 à 16h44
À l’occasion de la rentrée scolaire ce lundi 1er septembre 2026, la présidente de la Métropole de Lyon, Véronique Sarselli, détaille ses priorités pour les collèges. Sécurité, rénovation énergétique, climatisation, relations avec les établissements privés, santé mentale et mixité sociale : elle annonce notamment que le « plan sécurité » pour les collèges sera présenté fin septembre.
Le « plan choc » de sécurité va-t-il être mis en place ?
Actu : Lors de la campagne, vous aviez promis un « plan choc » de sécurité pour les établissements. Que prévoit-il ? Sera-t-il déjà en vigueur dès la rentrée ?
Véronique Sarselli : La sécurité est évidemment un engagement majeur de notre campagne. Lorsque je dis que la Métropole est de retour dans les collèges, c’est sur l’ensemble de ses compétences. Nous voulons également agir sur le bâti, sur la relation avec les établissements, notamment privés, ainsi que sur la santé mentale de nos jeunes, la prévention du harcèlement et, plus largement, la protection de l’enfance.
Sur la sécurité, nous sommes actuellement en train de travailler sur le plan que nous avons annoncé. Il sera présenté à la fin du mois de septembre et devrait faire l’objet d’une délibération au conseil métropolitain.
Nous voulons d’abord établir un diagnostic précis de la situation dans les collèges. Il faut partir de la réalité du terrain et travailler avec les directeurs d’établissement, qui connaissent leurs établissements, mais aussi avec les parents et l’ensemble de la communauté éducative.
Le plan sécurité sera-t-il voté dès septembre ? Vous promettiez des « sas d’entrée sécurisés ou tourniquets/tripodes avec badgeage électronique pour les élèves et le personnel, portails motorisés et clôtures renforcées, vidéoprotection couplée aux entrées et visiophones/interphones pour filtrer les visiteurs ». Ce sont les portiques des lycées de la Région déjà déployés par Laurent Wauquiez ? Tous les collèges de la métropole seront équipés ?
V.S. : Je veux d’abord avoir un vrai diagnostic de sécurité dans l’ensemble des collèges. Le plan sera présenté fin septembre, avec des mesures qui pourront être mises en œuvre rapidement.
La sécurité pourra notamment passer par du mobilier ou des équipements spécifiques dans les collèges.
Mais je veux être très claire : il n’est pas question de décider de mesures sans en parler avec les établissements. C’est pour cela que la présence des élus dans les conseils d’administration est importante. Il faut comprendre ce qui se passe dans les collèges avant d’agir.
Nous avons aujourd’hui une problématique aux abords des collèges et parfois dans les collèges. Je ne pense pas que ce soit un gros mot de dire que nous souhaitons aller vers une meilleure sécurisation de l’ensemble de nos collégiens.
Mais je ne conçois pas de mener une politique de sécurité sans parler de l’accompagnement des adolescents en matière de santé mentale, de protection de l’enfance et de prévention. Je mets véritablement ces deux sujets au même niveau.
Augmenter le budget pour les collèges privés
Que va-t-il se passer dès cette rentrée ?
V.S. : Dès demain, pour la rentrée, les élus métropolitains seront présents dans les collèges. Je leur ai demandé d’être assidus aux conseils d’administration de l’ensemble des collèges du territoire.
C’est essentiel : il faut écouter, avoir les bonnes informations et savoir ce qui se passe réellement dans les établissements. Je pense que cette présence n’était pas suffisamment assurée lors du précédent mandat.
Nous avons aussi beaucoup travaillé ces derniers mois pour rétablir la confiance avec les établissements privés. La relation était très dégradée, avec une véritable rupture de confiance, notamment autour de la question de leur financement.
Nous avons renoué le dialogue avec leurs représentants. Dès l’automne, nous présenterons une délibération modificative pour rattraper une partie des financements qui avaient été diminués. En 2026, nous prévoyons une hausse de 2,6 millions d’euros et, en 2027, une nouvelle augmentation de 5,4 millions d’euros.

Après avoir annoncé sécuriser davantage les transports, Véronique Sarselli, présidente de la Métropole de Lyon, s’attaque à la sécurisation des collèges. (©Nicolas Zaugra/ actu Lyon)« Climatiser là où c’est nécessaire » dans les collèges
Nous venons de vivre l’été le plus chaud de l’histoire avec des canicules massives en juillet et août mais aussi dès mai et des températures très chaudes pour ce début septembre, vous prévoyez de climatiser tous les collèges ?
V.S. : L’objectif n’est pas de généraliser la climatisation. L’objectif est de climatiser là où c’est nécessaire.
Je suis très favorable à une approche pragmatique. On sait aujourd’hui que certains équipements, comme les brasseurs d’air, sont efficaces et nous avons commencé à en installer dans les salles. Nous allons poursuivre ce déploiement.
Mais certaines salles nécessiteront peut-être d’être climatisées. Dans ce cas, il ne faut pas hésiter à le faire, en concertation avec les équipes qui travaillent dans les collèges, et de manière raisonnée : utiliser la climatisation lorsqu’elle est réellement nécessaire.
Vous évoquez une nouvelle démarche face au risque de canicule. De quoi s’agit-il ?
V.S. : Nous allons mettre en place une démarche « risque canicule ». L’idée est d’intégrer la canicule dans les procédures de gestion des risques de la Métropole et de pouvoir ensuite la décliner dans l’ensemble de nos établissements, notamment les collèges.
Cela permettra d’avoir une vision beaucoup plus fine des équipements nécessaires et des mesures à mettre en place : rénovation énergétique, brasseurs d’air, climatisation, accès à l’eau…
On peut aussi travailler avec les directeurs d’établissement sur des protocoles d’adaptation à la chaleur. L’Éducation nationale aura évidemment son mot à dire sur les horaires, mais nous pouvons réfléchir à l’organisation de la journée, notamment au moment de la cantine, pour que les enfants soient le mieux protégés possible pendant les épisodes de canicule.
« Nous allons continuer à végétaliser les cours »
La précédente majorité a commencé à végétaliser les cours de collèges… et vous quel est votre cap en la matière ? Vous allez continuer ?
V.S. : Tout d’abord, la rénovation énergétique est indispensable, mais elle prend du temps et nécessite des investissements très importants.
Nous savons que tous nos bâtiments publics doivent progressivement être mis en performance énergétique. Mais face aux épisodes climatiques extrêmes que nous avons connus cet été, la rénovation énergétique ne suffit pas à elle seule.
Le rafraîchissement passe aussi par la végétalisation. Nous allons donc continuer à végétaliser les cours des collèges. Notre objectif est d’arriver à végétaliser l’ensemble des cours d’ici la fin du mandat, tout en accélérant le processus.
Il faut donc agir sur plusieurs leviers : végétalisation, brasseurs d’air, accès à l’eau et, lorsque cela est nécessaire, climatisation.
Une augmentation du budget pour les collèges et leur rénovation
Vous souhaitez donc augmenter les investissements consacrés aux collèges ?
V.S. : Nous serons de toute façon obligés d’augmenter le budget consacré aux collèges si nous voulons réaliser ces investissements de prévention et d’adaptation.
Sur les cinq dernières années, 302 millions d’euros ont été consacrés aux collèges, dont seulement 3,66 % à la rénovation énergétique. Pour un exécutif qui disait que son mandat était le dernier pour la planète, je suis très étonnée de ce résultat.
Nous avons l’ambition de monter d’un cran. Mais nous sommes actuellement en préparation budgétaire et je ne veux pas annoncer aujourd’hui un chiffre que je ne pourrais pas tenir. Nous présenterons un débat d’orientation budgétaire avant la fin de l’année.
Propos recueillis par Nicolas Zaugra et Anthony Soudani
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