Invité sur France Inter ce lundi 31 août, à la veille de la diffusion de son documentaire sur France 2, le quadruple champion olympique raconte comment il tient sans se laisser dévorer par le sport.

Léon Marchand n’a que 24 ans et il a déjà choisi de se raconter. Son documentaire Léon, au-delà de l’or, coréalisé sous le regard de son père et tourné pendant un an, arrive, ce mardi 1er septembre à 21h10, sur France 2, et plus de 2 millions de spectateurs l’ont déjà visionné sur la plateforme France TV. Au micro de France Inter dans l’émission «L’invité du 8h20», présentée par Florence Paracuellos et Benjamin Duhamel, le nageur s’est livré sur sa santé mentale, et notamment sur la façon dont il trouve son équilibre, malgré la pression des compétitions.

L’importance de faire des pauses

«Ça a changé ma vie, le fait que je travaille sur mon mental, le fait que je travaille sur mon bien-être, plus que sur la performance», confie-t-il d’emblée. Le déclic vient d’une habitude qu’il s’impose depuis quatre ans. «Ce qui m’a vraiment changé, c’était de faire des pauses. Mais de me forcer à faire des pauses. Parce que les gens qui sont un peu obsédés par leur sport, ils n’ont pas envie de faire des pauses», détaille le nageur. Lui préfère lever le pied quand il le peut, quitte à passer moins de temps dans le bassin. «(Au global), on perd très peu de temps. Par contre, dans la tête, ça fait un bien fou», dit-il.


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Mais à une époque où l’on parle davantage de la santé mentale des sportifs, Léon Marchand admet qu’il flirte parfois avec le danger du surrégime, en tenant au quotidien un rythme assez extrême. «Je suis capable de rester très longtemps dans ce tunnel où rien ne dérape, mais ce n’est pas bon pour un humain. C’est très mauvais pour un être humain, parce que du coup, quand ça dérape, ça dérape vraiment», reconnaît-il.

Les proches comme garde-fou

Pour prévenir ces dérapages, l’entourage joue un rôle de garde-fou, parfois avec une franchise qui «pique» un peu. Dans le documentaire, sa mère le prévient à ce sujet sans détour. «Aujourd’hui, tout va bien, mais le jour où ça se passera mal, tu vas te faire éclater», cite la journaliste Florence Paracuellos. Loin de le prendre mal, le nageur y voit une boussole. «Les mots sont durs, mais les mots sont vrais aussi. Il n’y a pas de mensonge là-dedans», résume-t-il, admettant que cette lucidité l’aide vraiment «à redescendre un peu».

La musique pour vider l’esprit

La musique constitue son autre soupape. Il en compose depuis plus de quatre ans et la décrit comme un refuge vital. «Au début, c’était vraiment parce que je kiffais. Et maintenant, c’est vrai que c’est une vraie échappatoire. C’est un moment où je suis absorbé par ce que je fais. Ça me vide l’esprit, ça me fait une respiration», raconte Léon Marchand. Il cosigne d’ailleurs la bande originale du documentaire avec Guillaume Alric, du groupe The Blaze. Quant à un album, en revanche, il ne faut pas y compter tout de suite. Encore un peu de patience donc pour découvrir pleinement l’artiste derrière le nageur.