Par

Laure Gentil

Publié le

1 sept. 2026 à 17h02

L’ambiance était tendue, lundi 31 août devant la Perm’ l’atelier du projet urbain de l’île de Nantes. Plus d’une dizaine de riverains ont organisé une conférence de presse surprise pour dénoncer des « dérives importantes » cet été sur l’écocentre, la plateforme de traitement des déblais extraits des chantiers. Un éternel sujet de conflit entre les habitants, la Samoa et la Ville de Nantes. 

« L’écocentre s’appuie sur une dérogation qui va considérer que toute l’île de Nantes est un site unique », explique Éléonore Duplay, riveraine et membre du collectif Stop Écocentre. « C’est pour ça que depuis que nous avons connaissance de ce projet, on a tout de suite demandé à ce que ce soit fait ailleurs, mais on nous a toujours répondu que ce n’est pas possible parce que si les terres quittent l’île de Nantes, elles deviennent des déchets. »

Or, selon un autre membre du comité de suivi, Didier Richard, de la terre en grande quantité est transportée à la carrière de Saint-Colomban ou encore à la carrière des Maraîchères à Bouguenais. « Ça, c’est une violation de cette dérogation ! », dénonce Éléonore Duplay.

Une brumisation inefficace ?

Déjà, l’été dernier, les riverains avaient dénoncé des nuisances et surtout une poussière bien trop importante dans l’air. Un problème qui continue aujourd’hui. Dans l’assemblée, certains riverains montrent des photos de leurs meubles ou de leurs terrasses qui en sont recouverts. Des mesures avaient pourtant été mises en place pour atténuer la dispersion de la poussière.

En 2025, la Samoa avait appliqué « le bâchage systématique de tous les camions pour le transport des matériaux volatils y compris pour des trajets courts » et avait limité « la vitesse des camions des entreprises opérant sur le chantier pour limiter les envols de poussières ».

Autre mesure : le dispositif de brumisation pour les zones de chantiers à l’aide d’un bassin de rétention des eaux de pluie. Un équipement « pas très efficace » qui laisse les riverains perplexes cette année après les canicules successives. « Il (le bassin N. D. L. R.) semble à peu près vide et on constate de l’arrosage en continu », déplore Éléonore. « On a reçu un mail de la Samoa qui a reconnu l’utilisation d’eau potable. »

On n’a aucune notion de la quantité d’eau qui a été utilisée sur cette période. On estime que si la Samoa déplaçait cet équipement à un autre endroit, et donc loin des habitations, il n’y aurait pas besoin d’arrosage, puisque c’est exclusivement lié à la proximité d’un quartier habité et densément peuplé.

Éléonore Duplay

La riveraine insiste de plus sur le peu d’effets de la brumisation sur la poussière générée : « On en a 24 h sur 24. »

« Un bruit strident »

Le bruit reste aussi insupportable pour les riverains.

En permanence on subit des nuisances qui proviennent des allées et venues des camions, des bips de recul, du fonctionnement de la cribleuse et depuis quelques jours, de la découpe des rails (de l’ancienne gare, N. D. L. R.) sur le périmètre de l’écocentre, qui crée un bruit strident et quasiment permanent toute la journée. 

Éléonore Duplay

Ironie du sort, la concasseuse a été mise en route ce lundi matin. Le même jour que le rendez-vous donné par Olivier Château, adjoint en charge de l’île de Nantes, à deux riverains dont Didier Richard. Un rendez-vous finalement utilisé par plusieurs habitants pour la conférence de presse surprise.  

Un « second écocentre » ?

Mais le mécontentement ne s’arrête pas là. Les riverains présents à la Perm’ affirment qu’un « second écocentre » est apparu, encore plus proche des habitations que le premier. Une affirmation fermement réfutée par Virginie Vial, directrice générale de la Samoa, présente sur place. Elle assure que les nouveaux tas de terre sont donc dus au chantier de terrassement et au chantier sur le boulevard et en aucun cas à un nouvel écocentre.

Il y a eu une confusion de la part des habitants, entre ce qui se passe sur l’écocentre et ce qui s’est passé dans le cadre de tous les grands travaux qui sont organisés actuellement pour amener les lignes de tramway, et revoir les lignes de bus, en accompagnement des jardins qui ont été livrés.

Virginie Vial

Les riverains et le collectif ont décidé de se tourner vers les tribunaux pour « trouble de la jouissance permanent ». L’écocentre doit rester 15 ans devant leurs fenêtres. 

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