Pour Berlin, il s’agit d’une opération qui s’inscrit « dans le schéma bien connu des opérations hybrides russes en Europe ». L’Allemagne a accusé la Russie, mardi 1er septembre, de « l’attaque hybride » menée avec un drone chargé d’explosifs début août à l’aéroport de Leipzig, une plateforme clé pour l’armée allemande, l’Otan et le soutien logistique à l’Ukraine.

« Dans l’ensemble, les enquêtes policières, les modes opératoires et les informations des services de renseignement démontrent une responsabilité russe dans la tentative d’attentat à l’aéroport de Leipzig », a affirmé le ministre allemand de l’Intérieur, Alexander Dobrindt, lors d’une courte déclaration.

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Début août, un drone chargé d’explosifs avait été découvert dans la zone sécurisée des opérations de fret de l’aéroport, à proximité de plusieurs avions-cargos ukrainiens, et un deuxième engin aurait heurté un avion-cargo de DHL quelques minutes plus tard.

D’après les médias, qui s’appuient sur des sources proches des autorités, un troisième drone a été retrouvé dix jours plus tard à l’ouest de l’aéroport.

Une substance pouvant correspondre à environ 50 grammes d’hexogène, un explosif militaire très puissant, a été retrouvée sur place.

Fermeture du dernier consulat russe en Allemagne

Le ministre a étayé son accusation par le fait que les « moyens d’action observés s’inscrivent « dans le schéma bien connu des opérations hybrides russes en Europe ».

« La configuration des drones » et l’utilisation de « divers composants, des explosifs et des dispositifs de mise à feu » renvoient à « d’autres opérations hybrides menées par la Russie et de sa guerre contre l’Ukraine« , a-t-il précisé.

La technologie utilisée et « l’interaction des différents éléments doivent être qualifiées de professionnelles et révèlent un haut niveau d’expertise technique ainsi qu’un effort organisationnel considérable », a-t-il poursuivi.

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Si l’exécution finale de la « tentative d’attentat » relève d’agents dits « jetables », ces derniers ont agi « sur ordre d’autorités étatiques russes », a encore accusé le ministre conservateur.

Son collègue des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a annoncé dans la foulée la fermeture sous une quinzaine de jours du dernier consulat russe du pays, à Bonn, et d’un centre culturel russe à Berlin suspecté d’héberger des espions.

Berlin va par ailleurs proposer d’inscrire de nouvelles personnes de nationalité russe sur les listes de sanctions européennes. Et Johann Wadephul a en outre promis de « renforcer la pression sur la flotte fantôme russe », désignant un ensemble de navires vieillissant au statut juridique opaque que la Russie utilise pour contourner les sanctions occidentales.

L’Otan et l’UE solidaires de Berlin

Berlin a reçu le soutien des responsables de l’Otan et de l’Union européenne, qui ont exprimé mardi leur solidarité.

« L’Otan se tient pleinement aux côtés de l’Allemagne après l’attaque hybride russe à Leipzig le 14 août », a assuré le patron de l’Otan, Mark Rutte, sur le réseau social X, après s’être entretenu avec le chancelier allemand Friedrich Merz.

L’organisation protégera ses membres « contre toute menace, y compris les actions néfastes telles que celles qui ont eu lieu à Leipzig et ailleurs au sein de l’Alliance », a-t-il ajouté, assurant que les objectifs de la Russie étaient voués à l’échec.

« Les tentatives de la Russie pour nous intimider, affaiblir notre unité et notre détermination à aider l’Ukraine sont vaines et échoueront. Notre soutien à l’Ukraine est inébranlable, tout comme notre engagement d’acier pour la défense collective de l’Otan », a-t-il assuré.

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, qui a également parlé au chef du gouvernement allemand, a de son côté affirmé que « l’UE se tient en pleine solidarité avec l’Allemagne face à cette attaque de la Russie ».

« Nous maintiendrons l’unité de l’UE malgré ces actes graves et de plus en plus fréquents », a-t-elle plaidé, dans un message publié sur X. « La Russie cherche à semer la méfiance et la peur dans nos sociétés. Mais elle échouera. Et nous soutiendrons l’Ukraine aussi longtemps qu’il le faudra », a promis la cheffe de l’exécutif européen.

Avec AFP