L’armée américaine affirme mener des frappes contre des cibles en Iran, alors que les hostilités reprennent de plus belle après un mois sans action militaire.
Le Commandement central américain a annoncé mardi que ces frappes «faisaient suite à de récentes tentatives d’attaques menées par le Corps des gardiens de la révolution islamique contre des navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz et contre des militaires américains déployés dans la région».
Dimanche, l’armée américaine a déclaré avoir frappé des lance-roquettes sur l’île de Larak, dans le détroit d’Ormuz. L’Iran a riposté en lançant des missiles contre des sites américains en Jordanie, qui ont été interceptés, tandis que les Émirats arabes unis ont déclaré avoir intercepté un drone iranien au-dessus de leurs eaux territoriales.
Le président Donald Trump a reconnu lundi que d’autres frappes pourraient s’avérer nécessaires.
M. Trump a affirmé que les bombardements américains et israéliens avaient fait de l’Iran «un pays défaillant». Il a déclaré qu’une grande partie de ses dirigeants politiques avait été tuée, que l’économie iranienne était mise à mal par une inflation galopante et que son armée était dévastée.
Pour autant, le président américain a admis que de nouvelles frappes pourraient s’avérer nécessaires.
«Cela ne veut pas dire que nous n’allons pas leur donner une leçon, a déclaré M.Trump aux journalistes. Nous verrons bien ce qui se passera.»
Les États-Unis et l’Iran sont engagés dans une guerre intermittente depuis plus de six mois, la récente accalmie des combats ayant duré un mois. Un retour au conflit ouvert serait dangereux pour la région, où l’Iran a pris pour cible des bases militaires américaines et des infrastructures dans les pays du Golfe depuis le début de la guerre.
La télévision publique iranienne a fait état de bruits d’explosions dans la ville portuaire de Bandar Abbas, dans le sud du pays, sans toutefois fournir de détails.
La reprise des combats intervient également après que Donald Trump a semblé opérer un revirement le mois dernier en faveur de sanctions économiques contre l’Iran, le président ayant promis un «jour J économique» contre un pays qui a résisté à près de cinq décennies de sanctions américaines sévères.
L’administration Trump a fait valoir que ce n’était qu’une question de temps et que frapper la bonne cible économique amènerait Téhéran à son point de rupture. Mais dans le même temps, les stocks américains d’armes de pointe s’amenuisent, tandis que la guerre est impopulaire auprès des Américains et pourrait fragiliser les républicains lors des élections de mi-mandat de novembre.
L’armée américaine a tenté de présenter la reprise des combats comme un événement de portée limitée. Le Commandement central a déclaré lundi dans un communiqué que ses attaques de dimanche contre des cibles iraniennes visaient strictement à empêcher les forces du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) de poser de nouvelles mines dans le détroit d’Ormuz.
«Les forces américaines ont mené une action limitée et précise contre les forces de pose de mines du CGRI qui représentaient une menace imminente dans le détroit d’Ormuz, a soutenu le Commandement central. En substance, c’est l’Iran qui a créé la menace et l’armée américaine l’a éliminée afin de protéger les marins civils, la navigation marchande et la libre circulation du commerce mondial.»
Le Commandement central a réaffirmé mardi que ses frappes ne faisaient que répondre à l’agression iranienne contre des navires commerciaux et les troupes américaines dans la région.
Ben Finley, The Associated Press