La SNCF va devoir composer avec un nouveau concurrent sur le réseau français. L’entreprise ferroviaire privée Velvet a annoncé ce mardi 1er septembre avoir obtenu sa licence d’exploitation ferroviaire en France.
Velvet part à la conquête de l’Ouest… La compagnie, qui ambitionne de rivaliser avec la SNCF sur quatre destinations à grande vitesse de l’ouest : Bordeaux, Nantes, Angers et Rennes, a obtenu mardi sa licence ferroviaire.
Ce précieux sésame, délivré par le ministère des Transports, est obligatoire pour pouvoir exercer une activité de transport ferroviaire en France. Il garantit que l’entreprise, privée et indépendante, remplit les conditions juridiques et financières nécessaires au lancement de services de trains de voyageurs en exploitation commerciale.
«La licence est une étape importante : elle nous autorise à aller plus loin dans la préparation de nos trains, de nos équipes et de nos procédures», a commenté la présidente de Velvet, Rachel Picard, citée dans le communiqué.
trois lignes pour débuter
Pour se lancer dans l’aventure, Velvet a levé un milliard d’euros auprès du fonds d’investissement Antin Infrastructure Partners, dont 850 millions d’euros sont dédiés au contrat avec Alstom signé en 2024. Outre les 12 trains à grande vitesse de dernière génération, les mêmes que ceux commandés par la SNCF, le contrat prévoit leur maintenance pendant 15 ans. Celle-ci sera réalisée par Alstom dans un atelier en construction près de Bordeaux.
«Nous commencerons avec trois lignes d’un coup : Paris-Bordeaux, Paris Angers-Nantes, et Paris-Rennes. Ce qu’aucun nouvel opérateur ne fait», indique Mme Picard, avec 10 millions de places prévues au total sur les trois destinations.
Pour remplir ses trains, Velvet compte sur le déséquilibre entre l’offre et la demande qui existe sur les axes de la façade atlantique desservis seulement par la SNCF. «Actuellement, 15% de voyageurs ne trouvent pas de place et renoncent à leur voyage sur chacune de ces routes. Selon nos estimations, 25% ne trouveront pas de place en 2028 si rien n’est fait», ajoute-t-elle.
Confiante dans la «tendance structurelle de croissance à long terme» pour ces destinations, elle observe que «beaucoup d’entreprises, notamment dans la tech, sont bi-localisées entre Paris et Rennes ou Nantes». Elle souligne : «il y a une vraie tendance au développement économique de ces régions de la façade atlantique et la hausse des prix du pétrole est aussi un facteur de croissance pour le train».