Sophie Adenot a complété mardi sa troisième sortie en dehors de la Station spatiale internationale en l’espace de seulement deux semaines, en étant cette fois aux commandes d’une équipe 100% féminine.
Equipée d’une combinaison ornée de bandes rouges à cette occasion, la Française est sortie la première dans le vide spatial, peu après 12H45 GMT (14H45).
Elle a été rapidement rejointe par l’Américaine Jessica Meir, avec qui elle a mené pendant plus de six heures et demie une série d’opérations de maintenance.
Le duo a notamment remplacé un « rétroréflecteur » utilisé pour faciliter la navigation des véhicules spatiaux lors de leurs opérations de rendez-vous et d’amarrage ainsi qu’une caméra haute définition située sur la poutre de l’ISS.
« Vous avez fait un excellent travail aujourd’hui. Vous pouvez être très fières de tout ce que vous avez accompli », leur a lancé, depuis le centre de commandement de la Nasa à Houston, Chloe Mehring, directrice de vol, une fois qu’elles avaient regagné l’intérieur du laboratoire orbital.
Première Française à « marcher » dans l’espace, Sophie Adenot cumule désormais 19 heures et 42 minutes d’excursion dans le vide spatial à son compteur. Avant elle, seuls quatre hommes français avaient mené de telles sorties.
Alice Rufo, ministre déléguée aux Armées, a félicité une nouvelle fois mardi l’astronaute, qui est également colonelle de l’armée de l’air: « Vous continuez de nous inspirer tous! », lui a-t-elle écrit sur X.
– Problème de combinaison –
Si le début de la sortie s’est déroulé comme un charme, l’astronaute Jessica Meir plaisantant même sur son envie d’écouter de la musique, la fin a été légèrement troublée par un problème rencontré par Sophie Adenot avec sa combinaison.
Comme lors de sa deuxième sortie spatiale, la Française a signalé vers la fin des difficultés croissantes avec l’articulation de l’épaule gauche de son scaphandre, semblant provenir d’un câble entravé.
Malgré cette gêne, elle a pu rejoindre sans problème la station. Plus tôt dans la sortie, elle avait prélevé des échantillons sur le sas ainsi que sur son gant afin d’y rechercher d’éventuels micro-organismes.
Remerciant une nouvelle fois les équipes au sol de la Nasa, Sophie Adenot a clos sa sortie en décrivant l’émerveillement l’ayant traversée en observant sous ses pieds la planète bleue.
« La Terre était vraiment magnifique, et cela nous fait nous sentir encore plus humains », a-t-elle confié.
– Maquette –
La sortie extravéhiculaire (EVA) de mardi était la 284e de l’histoire de l’ISS consacrée à l’assemblage, à la maintenance et à la modernisation du laboratoire orbital, a indiqué la Nasa, et seulement la sixième à être menée par un duo de femmes.
Jessica Meir, dont c’était le septième « spacewalk », avait réalisé en 2019 la première EVA 100% féminine aux côtés de Christina Koch, entrée récemment dans l’histoire pour avoir participé à la mission de la Nasa Artemis 2 autour de la Lune.
Lors des précédentes sorties, Sophie Adenot avait travaillé en binôme avec l’Américain Anil Menon, qui cette fois assistait le duo à l’intérieur avec un autre astronaute.
Sophie Adenot avait posté sur son compte Instagram un aperçu inattendu de la façon dont elle se préparait à sa troisième sortie : une petite maquette en papier fabriquée à la main flottant dans l’ISS pour l’aider à « visualiser » son futur site de travail.
Mercredi dernier, au lendemain de sa deuxième sortie, elle s’était dite « un peu courbaturée » mais fière de sa « mission accomplie », dans un entretien à France 24 et RFI.
« Chaque mouvement est fatigant. Chaque mouvement du bras, de la main, tenir un objet, c’est une dépense énergétique incroyable », avait-elle détaillé.
En orbite à 400 kilomètres autour de la Terre depuis six mois et demi, Sophie Adenot doit achever sa mission à l’automne.
publié le 1 septembre à 22h41, AFP
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