Par
Emilie Salabelle
Publié le
1 sept. 2026 à 19h06
Un very bad trip canin. Ce lundi 13 juillet 2026, Alessia Malatesta et son compagnon promènent comme souvent leur chienne Umi au bois de Vincennes. Mais la balade tourne au cauchemar. Parti brièvement dans les fourrés, l’animal voit son état se dégrader brutalement. La jeune femelle de 3 ans a le regard vague. Quelques minutes plus tard, elle tangue, puis s’effondre. Aux urgences vétérinaires, on diagnostique une intoxication au THC, cette molécule psychoactive présente dans le cannabis. Une drogue probablement présente dans des excréments humains ingérés par la golden retriever.
« Elle ne tenait plus sur son train arrière »
« On sait qu’Umi a une tendance à la coprophagie [le fait de consommer des matières fécales, NDLR], donc on ne la détache que dans certains endroits. Mais ce jour-là, elle est partie dans un bosquet qui ressemblait à des toilettes à ciel ouvert », retrace sa maîtresse.
Le temps de l’extirper des buissons, le mal est fait. « Elle avait mangé pas mal de selles », se souvient sa propriétaire. Quelques minutes plus tard, des effets inquiétants commencent à se manifester.
« Elle était très fatiguée, comme au ralenti. Elle ne tenait plus sur son train arrière. Elle s’est écroulée par terre, la tête au sol, le regard dans le vide ». Aux urgences vétérinaires, la situation empire encore. « Sa fièvre est descendue grâce à la clim, puis elle est remontée. Elle s’est urinée dessus. »
La chienne, qui ne peut plus marcher, est prise en charge pour la nuit dans une seconde clinique vétérinaire. Là encore on confirme le diagnostic d’une intoxication au THC. « On nous a expliqué qu’il y avait une très forte probabilité que des résidus de drogues aient été présents dans les excréments qu’elle avait ingérés ».
Après une nuit sous perfusion, avec administration de charbon actif pour capturer les substances toxiques, la situation s’améliore. « Quand on l’a récupérée, elle était… en lendemain de soirée », sourit Alessia Malatesta.
« La dose aurait pu être létale »
Le soulagement est d’autant plus grand que la jeune femme de 29 ans a conscience du danger couru par sa chienne. « Elle aurait pu garder des séquelles neurologiques à vie. Quand j’y repense, si ça avait été un chihuahua, elle y serait passée, la dose aurait probablement été létale. »
Cette mésaventure a laissé des traces. L’habitante de Nogent-sur-Seine a redoublé de vigilance lors des sorties. « On ne la détache plus, elle ne peut plus se défouler. On évite certains lieux, fréquentés par les taxis, les coureurs, ou les fêtards ». Elle plaide pour l’installation de toilettes, afin de protéger les animaux de ce type de risque. « Au-delà des chiens, ça représente certainement un danger pour la faune sauvage », s’alarme-t-elle.
L’empoisonnement d’Umi n’est pas un cas isolé, assure sa propriétaire. « Il y a peu, je discutais avec un couple dont le chien avait été drogué de la même manière. Mais les symptômes ont été moins violents ».
« Propriétaires de chiens, danger ! »
Durant l’été 2026, des pancartes anonymes sont apparues au bois de Vincennes. « Danger, propriétaires de chiens, soyez extrêmement vigilants ! Plusieurs chiens empoisonnés en peu de temps. Ne laissez plus votre chien manger quoi que ce soit au sol. Nourriture, viande, restes, objets suspects. Éloignez immédiatement votre chien », alerte-t-elle.

Des affiches anonymes alertent les propriétaires de chiens sur plusieurs cas d’empoisonnements au bois de Vincennes. (©DR)
Contactée à ce sujet, la Ville de Paris ne confirme pas les cas d’empoisonnement signalés par l’affiche. Elle nous indique, vendredi 28 août 2026 : « À ce jour, aucun empoisonnement de chien n’a été signalé à la Ville dans le bois de Vincennes, que ce soit par des propriétaires, des associations ou les réseaux de protection animale. Les affiches récemment apposées, qui ne sont ni signées ni identifiables, ne permettent donc pas de confirmer les faits qu’elles évoquent ni leur origine. »
Elle ajoute : « Les propriétaires de chiens peuvent continuer à fréquenter le bois tout en respectant les éventuelles consignes de prévention affichées par la Ville ».
Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.