À 110 ans en 2024, l’Américain Vincent Dransfield jurait par son café du matin pour rester alerte et autonome. Entre mythe viral et données scientifiques, cette habitude cache des nuances que vous n’imaginez pas.
À 110 ans en 2024, l’Américain Vincent Dransfield, ancien chef des pompiers volontaires du New Jersey, racontait commencer chaque journée avec un café du matin. Une habitude simple qui intrigue : cette tasse quotidienne pourrait-elle vraiment participer à une longue vie en bonne forme ?
Ce supercentenaire vivait encore seul dans une maison à trois étages et préparait ses repas. Il parlait d’une vie sociale très riche, de son enfance à la ferme, d’une assiette « maison »… et de ce café pris chaque jour au réveil. Le cas fait rêver, évidemment, mais il ne suffit pas à conclure que le café fait vivre 110 ans. Pour y voir clair, il faut regarder ce que disent les grandes études.
Le rituel café du matin de Vincent Dransfield
Né le 28 mars 1914, Vincent Dransfield a fêté ses 110 ans en mars 2024, avant de s’éteindre le 26 juin 2024, selon le Gerontology Research Group, organisme international qui recense les âges extrêmes. Dans un portrait publié en 2025 par le site culinaire Marmiton, il attribuait une partie de sa vitalité à sa vie de pompier : « Les pompiers… J’ai rencontré tellement d’amis », confiait-il, en ajoutant : « J’ai été très très très chanceux dans ma vie ».
Côté assiette, il décrivait une cuisine italienne maison, un peu de chocolat, « une bière de temps en temps », un hamburger occasionnel et surtout un café chaque matin pour lancer la journée. Il évoquait aussi son enfance à la ferme : « Je buvais du lait et je mangeais bien parce que je travaillais dans une ferme. J’y retourne souvent et je pense que ça a permis un bon départ pour mes os et pour mon corps ». Son message restait simple : alimentation plutôt simple, activité, liens sociaux très forts, optimisme et ce café du matin comme plaisir régulier.
Ce que la science sait du café du matin
Le café est une boisson riche en caféine et en polyphénols au pouvoir antioxydant. La caféine stimule la vigilance, améliore la concentration à court terme et peut réduire la sensation de fatigue. Les antioxydants contribuent à limiter certains dommages liés au stress oxydatif, un mécanisme impliqué dans le vieillissement cellulaire.
Une grande analyse des données NHANES, portant sur 40 725 adultes américains suivis en médiane 9,8 ans entre 1999 et 2018, a étudié le moment de consommation du café. Le profil « café le matin uniquement » était associé à un risque plus faible de mortalité toutes causes confondues (hazard ratio autour de 0,84) et de maladies cardiovasculaires (environ 0,69) par rapport aux non-buveurs. Ces chiffres traduisent une association statistique, pas une preuve que le café rallonge la vie. Les buveurs de café du matin ont aussi souvent d’autres habitudes protectrices : activité physique, rythme de sommeil régulier, alimentation plus structurée.
Comment profiter du café du matin sans risque
Pour l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), un adulte en bonne santé peut consommer jusqu’à 400 mg de caféine par jour sans risque identifié, soit généralement 3 à 5 petites tasses. Pendant la grossesse et l’allaitement, le repère descend à 200 mg. En pratique, les teneurs moyennes se situent autour de :
-
60 à 80 mg de caféine pour un espresso de 30 ml ;
-
80 à 120 mg pour une grande tasse de café filtre ;
-
beaucoup plus si l’on enchaîne cafés et boissons énergisantes dans la journée.
Un café du matin s’intègre donc assez facilement dans ces repères, surtout si l’on évite d’en reprendre en continu jusqu’au soir, ce qui perturbe le sommeil. Les spécialistes du sommeil recommandent souvent de stopper la caféine 6 à 8 heures avant le coucher, ce qui revient à concentrer la consommation sur la matinée ou le début d’après-midi.
Certains profils doivent rester prudents ou demander un avis médical : antécédents de troubles du rythme cardiaque, hypertension mal contrôlée, reflux gastro-œsophagien, anxiété marquée, insomnie chronique, grossesse à risque. Autre point clé, la forme de la boisson : un café noir ou peu sucré n’a pas le même impact métabolique qu’un « café dessert » très sucré avec crème fouettée. Pour se rapprocher du modèle de Vincent Dransfield, l’idée n’est pas de multiplier les tasses, mais d’en faire un rituel agréable, intégré à une alimentation globale maison, une vie sociale nourrissante et une vision positive du quotidien.
Sources