
Une nouvelle étude française alerte sur les effets de cette habitude sur la santé cardiovasculaire.
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Vous connaissez le décalage horaire après un long voyage ? Il existe un phénomène similaire… mais sans prendre l’avion. Appelé « jet lag alimentaire », il correspond au décalage entre les heures auxquelles on mange en semaine et celles auxquelles on prend ses repas le week-end. Et selon une nouvelle étude française, cette habitude pourrait avoir des conséquences sur la santé cardiovasculaire, particulièrement chez les hommes.
Des chercheurs d’INRAE, de l’Inserm, de l’université Sorbonne Paris Nord, de l’université Paris Cité et du Cnam ont analysé les données d’une cohorte française de 104 806 adultes, suivis entre 2009 et 2023. Ils ont notamment comparé les horaires du premier et du dernier repas en semaine et durant les jours de repos. Trois profils ont été identifiés : ceux qui mangeaient plus tôt le week-end, ceux qui gardaient des horaires similaires et ceux qui mangeaient plus tard.
Chez les hommes, chaque heure supplémentaire de décalage entre les horaires alimentaires de la semaine et ceux du week-end était associée à une hausse de 14 % du risque de développer une maladie cardiovasculaire. Le risque de maladie coronarienne (quand les artères qui alimentent le cœur sont obstruées) était, lui, associé à une augmentation de 21 %. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le sens du décalage importait peu : avancer ou retarder ses horaires alimentaires le week-end était associé à un risque plus élevé par rapport au fait de manger à des horaires similaires. Ce phénomène n’a pas été observé chez les femmes.
« Au-delà des prises tardives, la régularité des rythmes alimentaires entre les jours de semaine et le week-end paraît tout aussi important », explique Bernard Srour, directeur de recherche à INRAE et auteur de l’étude publiée ce 1er septembre 2026. Selon les chercheurs, ces résultats pourraient s’expliquer par une perturbation des horloges biologiques, qui jouent notamment un rôle dans la régulation du métabolisme et du système cardiovasculaire.
Cette étude n’est d’ailleurs pas la première à s’intéresser aux effets des horaires des repas sur la santé. En 2023, une précédente analyse de la même cohorte française avait trouvé que « prendre le premier repas plus tardivement (après 9 heures, contre avant 8 heures) et le dernier repas de la journée plus tardivement (après 21 heures, contre avant 20 heures) était associé à un risque plus élevé d’événements cardiovasculaires ». Une étude suédoise publiée en 2019 avait également observé que le fait d’avoir « des repas irréguliers était associé à un risque cardiovasculaire 70 % plus élevé ».
Mais ces travaux restent observationnels : ils montrent une association et ne permettent pas d’affirmer que le « jet lag alimentaire » provoque directement des maladies cardiovasculaires. Les chercheurs estiment donc que d’autres études sont nécessaires pour confirmer ces résultats et comprendre les mécanismes en jeu.