La loi est supposée être la même pour tous et s’appliquer de manière uniforme sur tout le territoire français. Mais dans un monde où la nature a horreur du vide, quand il n’existe aucun texte législatif ou réglementation, nécessité fait loi. C’est ainsi que palliant l’absence de règle législative, plusieurs préfectures et municipalités ont pris sur elles d’imposer le port d’un casque à tous les usagers de trottinette électrique. C’est notamment le cas à Paris et dans les communes environnantes.

Sauf que de la règle à la pratique, il y a un fossé abyssal. Car si la plupart des automobilistes savent que le feu rouge impose l’arrêt immédiat du véhicule, les cyclistes comme les adeptes de la trottinette feignent trop souvent de l’ignorer… Au grand dam des automobilistes, évidemment, mais aussi des piétons. Or, l’enjeu premier est l’intégrité des deux-roues qui, lorsqu’ils ne respectent pas la signalisation, mettent d’abord leur vie en danger. Pour autant, il n’est évidemment pas possible de mettre un policier derrière chaque deux-roues. Le problème est-il pour autant insoluble au point de maintenir une zone grise ? Assurément pas.

La volonté de protéger cyclistes et trottinettistes est louable. Car l’idée d’obliger tous les amateurs de deux-roues à porter un casque afin de réduire la gravité des accidents, ne concerne pas les seuls utilisateurs de trottinettes. Elle est aussi dans l’air pour les cyclistes, provoquant l’ire de ceux-ci, considérant que cela fera reculer la pratique du vélo. La mauvaise foi des autres étant une des valeurs humaines les plus partagées en France, elle transparaît dès lors qu’il est question du partage de l’espace public. Qu’il s’agisse de la route, des trottoirs ou des pistes cyclables : le problème vient toujours des autres.

Même si une nouvelle majorité devait en décider autrement l’an prochain, il n’est que temps que les parlementaires actuels se saisissent réellement de cette problématique dépassant largement la question du port du casque car relevant du vivre-ensemble. Lequel doit être le même pour tous et partout sur le territoire national.