«Ici c’est top, on est mieux que dans l’ancienne école ! » Malo*, 8 ans, ne fera pas plus de commentaires, le voilà déjà en train de courir vers son meilleur copain. Les deux jeunes Nantais ne se sont pas vus pendant deux mois pour cause de vacances bien méritées. Leurs retrouvailles se font devant l’école Joséphine-Baker, située au cœur du quartier République de l’île de Nantes. Comme près de 400 enfants, les deux garçons font leur rentrée dans des locaux flambant neuf, à l’image d’un quartier en pleine expansion.
Ce mardi matin, les cartables à roulettes et les trottinettes Pat’ Patrouille détonnent avec l’architecture du coin. Toitures végétalisées, panneaux photovoltaïques, matériaux biosourcés… Leur nouvelle école dit porter « une attention forte à la transition écologique » et se fond dans un décor déjà habité depuis plusieurs années par d’immenses immeubles en bois et le chantier titanesque du futur CHU (dont l’ouverture est prévue courant 2028).
« Il fait plus frais »
La version actuelle de l’école Joséphine-Baker a ouvert ses portes au mois de mars. « Avant, nos enfants étaient dans des classes modulaires » à 50 mètres de-là, rappelle un parent d’élève. Entre-temps, il y a eu la coupure estivale, mais aussi, des températures record. A Nantes, le thermomètre a dépassé les 42 °C fin juin. Pour les parents, ce changement de locaux est arrivé au bon moment. « Ici il fait plus frais, les enfants ne se sont pas plaints une seconde de la chaleur », abonde la mère de Malo.
Des brasseurs d’air ont été installés au plafond et remplace la traditionnelle climatisation. - A.Rochet / 20 Minutes
Pour limiter les hausses de température, l’école Joséphine-Baker s’articule autour d’un système de ventilation 100 % naturel. « Les moucharabiehs [cloisons ajourées] donnent la possibilité d’ouvrir les fenêtres la nuit ou aux heures plus fraîches en toute sécurité », cite en exemple Gwenaëlle Direur, architecte. Au mur, des briques de terre crue se chargent en fraîcheur puis la diffusent aux moments les plus chauds, les fenêtres sont équipées de brise-soleil et les grands espaces, comme la bibliothèque, disposent de brasseurs d’air au plafond.
Un public plus sensible à la chaleur
Dans cette école modèle, on mise aussi sur des arbres fraîchement plantés, une cour végétalisée et des terrains de jeux sur copeaux de bois. « Les enfants sont des publics plus fragiles », rappelle Chloé Girardot Moitié conseillère municipale déléguée à l’adaptation des bâtiments scolaires et des bâtiments publics au dérèglement climatique. « Un élève qui joue dans une cour d’école couverte de bitume sera plus sensible à sa température car il est plus proche du sol qu’un adulte et ressent plus facilement la chaleur qui s’en dégage. »
En juillet/août, le gazon a pris un coup de chaud et les arbres n’ont pas pris en masse, mais on imagine que le temps fera son œuvre. « Pour le moment, l’école a des allures austères, s’amuse Hortense, maman d’une petite fille en grande section, mais on ne va pas se le cacher, pour nous c’est un luxe que notre enfant puisse faire sa rentrée dans une école toute neuve avec une telle ambition », confie-t-elle.
Intégrer les équipements à d’autres écoles
A la mairie, on se félicite aussi d’une telle infrastructure. « Avec l’école Joséphine-Baker, il y a une vraie démarche d’intégration des risques climatiques », soutient Chloé Girardot Moitié. « Permettre l’aération de nuit, installer des moucharabiehs, des brasseurs d’air… Ce sont des choses qui ne se faisaient pas systématiquement avant, continue l’élue, l’enjeu maintenant sera d’intégrer de manière plus systématique ces équipements dans d’autres écoles. »
Un peu moins de quatre mois après la rentrée du mois de mars, l’établissement n’a pourtant pas échappé à la fermeture des écoles imposées les après-midi des 22 et 23 juin. « Sans indications nationales, Johanna Rolland [maire PS] a préféré éviter toute confusion », glisse-t-on à la mairie. « Nous avons compris cette décision mais on trouvait cela dommage que nos enfants soient eux aussi concernés par les fermetures, pointe Morgane dont la fille était déjà scolarisée l’année dernière. Dans certaines classes, on ne ressentait pas du tout la chaleur. » « Des enfants ont dû rentrer chez eux alors qu’ils vivent dans des passoires thermiques », regrette également Hortense.
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Sur cette même période, la température la plus élevée enregistrée dans l’une des salles de classe était de 28 °C, précise Gwenaëlle Direur. Pas de miracle avec la ventilation naturelle : « le système en place permet de faire baisser la température de 5 à 10 degrés par rapport à l’extérieur ». Cette semaine, jusqu’à 27 °C sont attendus dans la cité des ducs selon Météo-France.
*Le prénom a été modifié.