La reprise des frappes directes entre les États-Unis et l’Iran fait craindre de nouvelles tensions sur l’approvisionnement. Dans la foulée, les taux d’intérêt flambent à leur tour.

L’inquiétude étreint à nouveau les investisseurs du monde entier. Après un mois d’accalmie, le Moyen-Orient est à nouveau le théâtre d’échanges de missiles entre l’Iran et les États-Unis. Un regain de tension immédiatement traduit dans les prix du pétrole. Cette nuit, le baril de WTI, la référence américaine, s’échangeait à 90,74 dollars, en hausse de 0,58%, au plus haut depuis fin juillet. Celui de Brent de la mer du Nord était à 95,45 dollars, grimpant de 0,88%.

Tous deux avaient connu la veille des hausses respectives de 5,20% et 4,60%. Dans la foulée, les taux d’emprunt des États continuaient de flamber, alors qu’ils se situent à des niveaux records depuis plusieurs décennies. Les investisseurs anticipant une hausse des taux d’intérêt. Les Bourses, elles décrochent. Après un mois d’accalmie durant lequel l’accent avait été mis par Washington sur la guerre économique, l’Iran a attaqué mercredi des bases militaires des États-Unis dans le Golfe en réponse à une salve de frappes américaines contre lui, la deuxième en quelques jours.


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La fermeture de fait du détroit d’Ormuz, par lequel transitait habituellement environ un cinquième du pétrole et du gaz mondiaux, ainsi que le maintien des prix de l’énergie à des niveaux élevés, renforcent les craintes d’inflation. Cette situation, conjuguée aux inquiétudes concernant les dépenses publiques et à un afflux massif d’émissions de dette d’entreprise, a fait monter en flèche les anticipations de hausse des taux, exerçant une pression à la hausse sur les coûts d’emprunt de l’État.

Des taux d’emprunt au plus haut depuis 20 ans

Moins confiants sur l’avenir des grandes économies et estimant que la hausse des prix va grignoter leurs marges, les acteurs des marchés demandent une compensation plus élevée pour détenir des morceaux de dette souveraine, ce qui fait grimper les taux obligataires. Le rendement des obligations d’État britanniques à 30 ans a atteint son plus haut niveau depuis 1998, tandis que celui des obligations à 10 ans se situe à un niveau qui n’avait plus été observé depuis la crise financière mondiale de 2007-2008.

Le rendement des obligations japonaises à 10 ans a atteint un sommet depuis 30 ans, celui des bons du Trésor américain à 30 ans s’approche de son niveau de 2007 et le rendement des obligations américaines à 10 ans se situe aux niveaux observés lors de la crise financière.

«Les rendements obligataires étaient déjà en hausse, et la reprise des attaques entre les États-Unis et l’Iran, ainsi que leur impact sur les cours du pétrole, ont renforcé les inquiétudes des investisseurs concernant les obligations», analyse Rajeev De Mello, de Gama Asset Management. «À ces niveaux, la hausse des rendements constitue clairement un frein pour les actions asiatiques, en particulier les valeurs technologiques à long terme», estime-t-il.