Prendre sa retraite à 67 ans en pleine forme, sur le papier,
cela peut sembler parfaitement envisageable. Dans la réalité, le
scénario est parfois bien différent. Pour certains salariés, les
dernières années de vie professionnelle ressemblent davantage à
une course d’endurance qu’à une paisible ligne
droite. Plus l’âge légal recule, plus une question revient : le
corps est-il réellement capable de suivre le rythme jusqu’au bout ?
C’est justement ce que souligne Alfonso Muñoz Cuenca, fonctionnaire
de la Sécurité sociale spécialisé dans les pensions, dans une vidéo
relayée par le média espagnol Xataka le 19 juin 2026.

Retraité : pourquoi les dernières années de travail sont si
difficiles

Le constat de l’expert espagnol est assez parlant. Ce dernier
évoque notamment
des travailleurs qui doivent continuer malgré une fatigue
importante
, parfois dans des métiers particulièrement physiques
ou exigeants. « Il est très difficile pour un
travailleur d’atteindre l’âge de 67 ans à pleine
capacité
« , résume-t-il en substance, en prenant
l’exemple d’un salarié travaillant sur un échafaudage ou d’un
soignant enchaînant les gardes.

Un problème d’autant plus complexe que l’épuisement
professionnel n’est pas toujours reconnu comme une incapacité
médicale. Un salarié peut donc être épuisé, moins performant ou
simplement ne plus récupérer comme à 40 ans, tout en restant
officiellement apte à travailler. En Espagne, les données citées
par Xataka vont dans ce sens : 55% des personnes interrogées par
Unobravo auraient déjà connu un épuisement total au cours
de leur vie
.

Carrière longue : certains Français pourront partir plus
tôt

En France aussi, la question de la fin de carrière reste
particulièrement sensible. La réforme des retraites de 2023
prévoyait une augmentation progressive de l’âge légal
jusqu’à 64 ans
. Mais
la suspension de cette réforme
, prévue jusqu’en 2028 dans le
cadre de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026,
modifie certaines règles dès ce mardi 1er septembre 2026.

Les personnes ayant commencé à travailler très jeunes peuvent
notamment bénéficier de règles plus favorables au titre de la
carrière longue. Comme le précise Service-Public.gouv.fr dans une
publication du 15 juillet 2026, les assurés ayant débuté leur
activité avant 16, 18, 20 ou 21 ans peuvent, sous certaines
conditions, partir avant l’âge légal. Les
nouvelles modalités concernent les personnes nées entre 1964 et
1970 dont la retraite prend effet à compter du 1er septembre
2026.

Une retraite progressive, la solution
pour éviter de pousser jusqu’au bout

Atteindre l’âge de la retraite n’est pas seulement une question
de calendrier. Le nombre d’années cotisées peut aussi tout changer.
Muñoz Cuenca cite ainsi le cas d’une femme de 65 ans et demi qui ne
comptabilise que 25 années de cotisation. Une carrière marquée par
les contrats précaires ou les périodes consacrées aux enfants peut
rendre l’accès à une retraite anticipée beaucoup plus compliqué.
Pour éviter cette rupture brutale, l’expert défend donc une forme
de « décélération professionnelle« .

En France, la retraite progressive permet justement de réduire
son activité tout en percevant une partie de sa pension. Depuis
2025, elle peut être accessible jusqu’à trois ans avant
l’âge légal
, sous certaines conditions, notamment avec au
moins 33 années cotisées. La durée de travail peut alors être
réduite de 25% à 75%. Reste que cette solution n’est pas encore
généralisée. Comme le rappelle Gina Aran dans La Vanguardia, la
retraite devrait pouvoir être une décision prise en fonction de
l’état de santé et ne pas nécessairement prendre la forme d’un
couperet.