Une piste de luge d’été, une extension de l’auberge et de l’hôtel… L’industriel Henri Morel poursuit ses investissements au Champ du feu. Mais sur place, les écologistes alertent sur la consommation d’espaces naturels et le surtourisme.
Gabriel De Baecque Duriez
Publié le 2 septembre 2026 ·
Imprimé le 2 septembre 2026 à 11h18 ·
8 minutes
« J’habite dans la région depuis que je suis gamine. J’ai toujours fait de la randonnée au Champ du Feu. C’est pour ça que je m’engage contre un projet qui va dénaturer le site. » Lunettes de soleil vissées sur le nez, Martine Marchal-Minazzi regarde le paysage qu’elle connaît par cœur.
À l’horizon, des montagnes s’étendent à perte de vue. Des forêts de hêtres ou de sapins ont pris racine, entrecoupées par de vastes prairies, jaunies par l’été caniculaire. En parallèle, la Serva, petit ruisseau, s’écoule et apporte de la fraîcheur à la flore et à la faune locales. Ce paysage de carte postale est celui du Champ du feu, bien visible depuis la terrasse de l’auberge Hazemann.
C’est là, en lisière de forêt, que 36 luges pourraient bientôt serpenter le long d’un rail métallique de 713 mètres. Une succession de courbes et de virages viendront occuper 1 943 mètres carrés de pentes, l’équivalent de sept terrains de tennis environ. Le 1er août 2026, la commune de Belmont a accordé à l’auberge Hazemann un permis pour construire une piste de luge quatre saisons le long de la piste de ski, avec un remonte-luges de 416 mètres en remplacement du téléski du Rocher. Le circuit total fera 1 129 mètres.
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Engagée contre les atteintes à l’environnement, la rédaction suit de près les enjeux écologiques et travaille sur les alertes qui lui sont transmises. Sans Rue89 Strasbourg, la pollution de l’eau potable par les pesticides et des projets comme un stade de biathlon dans les Vosges, ou une route sur la colline de Lorentzen seraient bien moins connus des Alsaciens.

Thibault Vetter suit les collectifs militants et les associations qui se mobilisent partout dans la région face aux projets écocides, comme de nouvelles zones d’activités sur des terres cultivables. Il enquête sur diverses sources de pollution, les pesticides, les usines, et leurs impacts sur la santé publique. Un travail de l’ombre, qui nécessite beaucoup de contacts et le décorticage de nombreuses alertes.
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