Par
Farah Sadallah
Publié le
2 sept. 2026 à 9h00
« 52 % des étudiants n’ont plus que 200 euros pour vivre après le paiement de leur loyer », publie dans son rapport, ce mercredi 2 septembre 2026, InterAsso Nantes, la fédération représentative des étudiants de Nantes Université, couvrant les départements Vendée et Loire-Atlantique.
Depuis de nombreuses années, cette association sort son indicateur du coût de la rentrée, mettant en avant les frais que les étudiants doivent débourser. « Cet indicateur se caractérise, cette année encore, par des coûts très élevés pour les étudiants et notamment les étudiants extra-communautaires (hors Union européenne N.D.L.R.) qui subissent de nombreuses mesures discriminatoires telles que leurs frais d’inscription multipliés par 16″, indique le rapport.
Plus de 3000 euros de dépenses
Au total, selon le rapport, les étudiants non boursiers vont devoir dépenser 3015,96 euros pour leur rentrée. Leur loyer représentant 52,07 % de leurs dépenses dans la vie courante. « Avec 1 logement pour 17 étudiants, ils et elles n’ont pas le choix que de se tourner vers des logements privés, souvent hors de prix », alerte l’association.
Ainsi, les frais liés au logement sont globalement les plus conséquents, avec des coûts d’agence s’élevant à 308 euros, le dépôt de garantie à 540 euros. Ensuite, vient le matériel pédagogique avec des dépenses grimpant à 502 euros et à 213 euros pour le matériel spécifique.
« Une économie de 46 euros »
Autre chiffre significatif : « 20 % des étudiants ne mangent pas à leur faim », publie InterAsso. Pourtant, depuis mai 2026, le repas CROUS est à 1 euro pour les étudiants non boursiers, « ce qui représente une économie de 46 euros ». Néanmoins, les étudiants devraient attendre 14 h avant de pouvoir prendre leur deuxième repas à emporter, utilisé pour manger le soir. « Or à 14 h, les étudiants sont dans une très grande majorité en plein enseignement », atteste la fédération.
En Loire-Atlantique et en Vendée, de nombreux établissements n’ont pas accès aux services de restauration universitaire, ce qui rajoute plus de 65 euros de frais alimentaires pour se restaurer le midi.
InterAsso
Hausse des frais d’inscription
Les frais de scolarité font aussi partie du rapport. Par exemple, l’acquittement de la CVEC (Contribution de vie étudiante et de campus, N. D. L. R.) pèse sur les étudiants non boursiers, comptant pour plus d’un tiers des frais de scolarité à la rentrée (soit 105 euros). De plus, les frais d’inscription à l’université restent également à la charge des étudiants n’ayant pas de bourses (178 euros pour la licence, 254 euros pour le master et 398 euros pour le doctorat).
Les étudiants extra-communautaires se voient aussi sérieusement impactés, selon InterAsso. En mai 2026, un décret a été publié afin de généraliser et d’imposer des frais d’inscription aux étudiants extra-communautaires, atteignant 2 895 € en licence et 3 941 € en master, comme le rappelle le rapport. Ces étudiants doivent désormais payer leurs frais d’inscription 16 fois plus cher. Sachant que depuis juillet 2026, les aides pour le logement (APL) ont aussi été supprimées pour ces étudiants, leur titre de séjour a doublé et le plafond minimal pour venir étudier en France est en hausse.
La méthodologie de l’indicateur publié par InterAsso
Selon l’association représentant les étudiants, l’indicateur global est obtenu « en faisant la somme des frais de vie courante et des frais spécifiques de rentrée calculés pour le mois de septembre. Une moyenne des sommes obtenues est alors effectuée pour les différentes régions, pondérée en fonction de leurs effectifs étudiant·es respectifs ».
Par exemple, « le niveau moyen du loyer et des charges est obtenu en utilisant l’outil d’estimation des prix des loyers développé par SeLoger. L’outil donne une valeur de loyer au m² pour un appartement d’une surface et d’un nombre de pièces donnés, meublé ou non meublé. Les moyennes sont prises pour chaque ville ».
Pour le matériel pédagogique, son montant est composé du prix des articles de base nécessaires pour débuter une année universitaire, notamment en papeterie, et du prix d’un ordinateur portable en début d’année universitaire.
Augmenter le nombre de boursiers à 1 million
Face à ces différents constats, l’association demande l’augmentation du nombre de boursiers à 1 million « pour inclure les étudiants extrêmement précaires mais non boursiers » ainsi que les étudiants extracommunautaires. Pour ces derniers, elle souhaite le retrait des mesures augmentant leurs frais de scolarité et de la vie courante. Concernant le logement, elle réclame la pérennisation de l’encadrement des loyers qui doit prendre fin en novembre 2026.
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