
Flavien Beauvais
Il offre au grand public une loupe pour admirer les astres sous toutes leurs coutures. Donne à voir des couleurs, des ambiances…

Flavien Beauvais
Il offre au grand public une loupe pour admirer les astres sous toutes leurs coutures. Donne à voir des couleurs, des ambiances. C’est surtout pour lui une quête d’absolu qui le dépasse, l’exalte et peut-être même l’apaise. Il n’y a qu’à l’écouter parler de ses nuits d’observation à pointer ses objectifs vers le ciel.
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« L’ambiance de nuit est incroyable. » Ce qui le marque ? « Le calme… Je n’aime pas les grandes villes, le bruit. Quand je suis seul devant un château, la nuit, je suis bien, je suis dans mon élément. Juste avec le ‘clac clac’ de l’appareil. » Il peut y passer les trois quarts de la nuit. « C’est une vie en décalé, c’est vrai. » Il n’aime rien de plus que la nature, rêve « de vivre à la montagne, dans un tout petit village », au plus près des étoiles, loin de la pollution lumineuse.
85 000 abonnés
Il pourrait parler des heures « des perspectives de nuit qui n’ont rien à voir », de cette atmosphère qui ne semble appartenir qu’à lui et, de façon plus pragmatique, de la technique parfaite pour obtenir la meilleure photo.
Astrophotographe suivi par 85 000 personnes sur les réseaux sociaux, Flavien Beauvais veut se définir comme « vulgarisateur scientifique par l’image ». Au fil des années, il est devenu une référence en la matière. On l’invite désormais au salon de la photo à Paris. L’an passé, il y a donné une conférence sur le thème « comment débuter en astrophotographie ». « J’aime conseiller les autres, car moi, j’ai dû me débrouiller tout seul. »

Ici dans le désert d’Atacama, au Chili.
Flavien Beauvais
C’était il y a neuf ans. À l’époque, l’ado découvre une photo de la Voie lactée. « J’étais impressionné. » Chez ses parents, en Seine-et-Marne, il commence à explorer les possibilités de l’appareil photo de son père. « Un Canon 7D première génération. Les premiers résultats étaient affreux mais moi, j’étais super content. J’ai passé des nuits blanches à manipuler le boîtier, apprendre à le connaître pour l’utiliser la nuit. » Il a aussi regardé beaucoup de tutos, exploré les forums anglophones en bon autodidacte alors que personne dans son entourage ne travaille dans cet univers. Les progrès sont là et il y a cinq ans, un de ses réels (une vidéo sur les réseaux sociaux) explose. 60 000 vues. Des dizaines de milliers d’internautes se mettent à le suivre.

Le château de Villebois photographié par Flavien Beauvais.
Flavien Beauvais.
Il y a plusieurs mois, sa passion l’a emmené au Chili dans le désert d’Atacama, à 2 500 m d’altitude, en partenariat avec l’ESO : The European Organisation for Astronomical Research. Il y a vu « l’un des plus beaux ciels nocturnes du monde ». Quatorze nuits à contempler, à photographier pour en tirer des images somptueuses. Il ambitionne d’y revenir avec ses camarades de la French astro touch, un groupe de passionnés. Il rêve aussi de Nouvelle-Zélande, de Namibie et de l’Islande, ces hauts lieux mondiaux de l’observation astronomique. Dans son « Top 1 ou Top 2 », il garde tout de même le souvenir de l’éclipse du 12 août dernier vécue depuis l’Espagne.
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Mais qu’on ne s’y trompe pas, Flavien Beauvais n’a pas fait de son art un métier. Il pourrait vivre de sa passion, accepter quantité de collaborations tel un influenceur et devenir panneau publicitaire. « Mais tout ce qui ne touche pas à mon domaine, je refuse », tranche-t-il. Cela ne lui laisse pas beaucoup de temps. Entre sa passion, la course à pied – il ambitionne de courir un trail à Madère ainsi que la Sainté-Lyon l’année prochaine – et son emploi, son agenda est déjà bien rempli… y compris la nuit.
« Quand je suis seul devant un château, la nuit, je suis bien, je suis dans mon élément. »
Titulaire d’une licence pro environnementale, il travaille au bureau d’études Adev Environnement à Gond-Pontouvre. Il est naturaliste et doit mesurer l’impact de projets photovoltaïques ou éoliens sur la faune et la flore. Cela peut l’amener à travailler de nuit pour observer les grenouilles, par exemple. La nature, encore et toujours.