l’essentiel
Le Poney Club a franchi un nouveau cap cet été. Avec 150 000 festivaliers accueillis au pied des pistes de l’aéroport de Toulouse-Blagnac, le rendez-vous électro signe un record de fréquentation et confirme son changement de dimension. Public venu de Toulouse, mais aussi de plus en plus de l’étranger, soirées complètes et têtes d’affiche internationales : Amine Britel, directeur artistique et cofondateur du Poney Club, tire le bilan d’une saison 2026 historique et dévoile déjà quelques pistes pour la suite.
150 000 festivaliers en 2026, c’est un record absolu pour le Poney Club, comment avez-vous réussi à l’atteindre ?
Oui, l’été dernier on avait attiré 115 000 personnes. 150 000, c’était l’objectif visé cette année. On a fait 52 dates, soit 37 % de jours d’ouverture en plus qu’en 2025, avec un taux de remplissage de 2 500 personnes en moyenne. Plusieurs soirées ont affiché complet, avec 4 500 personnes : La Kermesse Festival, Moby, Carl Cox, Bob Sinclar…
Avez-vous le sentiment que le Poney Club a changé de dimension cette saison ?
Il avait déjà changé de dimension l’été 2025, où il avait pris une grosse accélération. Mais cette année, on a quand même passé un gros cap. On a presque doublé nos abonnés sur la page Instagram : on est passé de 63 000 à 118 000. C’est énorme.
Cette progression est-elle aussi liée à l’évolution du public ?
Oui, on a de plus en plus d’étrangers, qui nous suivent et qui font le déplacement. La part des touristes est celle qui a le plus évolué dans la clientèle du Poney Club, ça fait la différence. Il y a plus de 50 pays, d’Europe et d’au-delà. Japon, Amérique, États-Unis… Ils viennent vraiment de partout.

Jean-Michel Jarre, l’un des lives les plus attendus de l’été 2026 au Poney Club.
Yakind
Les spectateurs étrangers viennent-ils spécifiquement pour le Poney Club ou est-ce qu’ils l’incluent dans leur séjour à Toulouse ou en France ?
Je pense qu’il y a les deux : des gens qui voyagent, qui sont en France pour quelques semaines ou en Europe, qui se disent « Tiens, on y va ! » Et il y a aussi de vrais fans qui se déplacent, pour Moby ou Jean-Michel Jarre par exemple.
Quelle est la soirée qui a dépassé vos attentes en termes de fréquentation ?
Moby, ça a super bien fonctionné. Je pense qu’on aurait pu accueillir beaucoup plus de personnes… C’était complet deux mois avant.
Et à titre personnel, quels concerts vous ont le plus marqué ?
Axwell, il y avait une vraie connexion avec le public. C’était vraiment fou. Et Lost Frequencies, les deux, c’était génial.
Il y a un vrai attachement du public toulousain au Poney Club. Comment vous l’expliquez ?
On l’explique par le fait qu’on reste quand même à taille humaine. On essaie d’améliorer chaque année le site et on prend le temps de répondre à chaque personne quand ils nous écrivent. On améliore si on a des avis qui sont pertinents ou on donne une réponse dans le cas contraire. Le fait qu’on soit vraiment connecté avec notre public fait que les gens s’attachent à la marque et nous suivent, pour certains depuis le début.

Le DJ set de Moby au Poney Club, une soirée qui a affiché complet des semaines à l’avance.
DDM – Sébastien Bellaval
Une fréquentation record ne veut pas forcément dire une saison record sur le plan financier. Côté économique, le lieu est-il aujourd’hui à l’équilibre ?
Il l’est depuis 2024.
Quelles sont les principales difficultés pour organiser une saison comme celle qui vient de se terminer ? Les coûts artistiques, la sécurité, la logistique ?
C’est le casse-tête artistique. Ce n’est même pas les cachets qui augmentent. C’est juste l’offre et la demande. Les artistes sont généralement disponibles trois ou quatre mois dans la saison, ils sont très sollicités. Il faut arriver à les convaincre de venir. En faisant un effort financier, évidemment, mais l’argent n’est pas le seul facteur. Toulouse n’est pas une capitale, ce n’est pas une priorité pour certains. Mais bon, on se débrouille plutôt pas mal.
Pour faire venir quelqu’un comme Jean-Michel Jarre, il a donc fallu sortir un gros chèque ?
Si Jarre a accepté de jouer au Poney Club, c’est surtout parce qu’on arrive à aligner trois mois de programmation l’été à Toulouse, et que ça se déroule dans un aéroport. Il a été séduit par le projet artistique.
L’an prochain, quelles évolutions prévoyez-vous ?
L’objectif est d’optimiser ce qu’on a réussi à faire, de garder ce format-là et d’essayer d’aller chercher des dates plus complètes. On va mettre le paquet sur la « prod » – effets spéciaux, son, lumière, etc. -, pour améliorer encore l’expérience client.
Peut-on avoir quelques indices sur la prochaine programmation ?
Non (rires). J’ai une bonne dizaine de noms qui avancent bien, donc c’est cool.
À quoi ressemblerait le Poney Club idéal dans cinq ans ?
Joker ! J’ai bien une idée mais je garde la surprise pour plus tard. On y travaille.